Diables Rouges En relançant Navas, Zidane a posé un choix fort pour son retour. Ce qui n’est pas forcément bon signe pour le Diable. Analyse.

Julen Lopetegui avait refusé de choisir, réservant à l’un le championnat et à l’autre la Coupe du Roi et la Ligue des champions. Santiago Solari avait tranché en faisant de l’un son titulaire et l’autre son remplaçant, qui devait se contenter de la Coupe du Roi. Zinédine Zidane a rebattu les cartes de la cohabitation entre Thibaut Courtois et Keylor Navas.

En alignant le Costaricain plutôt que le Diable pour son retour aux affaires face au Celta Vigo, le Français a posé un choix fort qui s’inscrit dans une dynamique plus générale.

À l’instar de Marcelo, d’Isco, d’Asensio et de Bale, le crédit dont jouissait Navas aux yeux de Solari avait considérablement diminué. Mais Zidane a choisi de les relancer avec une certaine réussite puisque Isco (62e) et Bale (77e) ont marqué les deux buts du match et Navas, lui, a sorti l’arrêt qu’il fallait au moment où il fallait sur cette tête à bout portant de Maxi Gomez (15e), une parade qui a fait rugir de plaisir Santiago Bernabeu…

S’appuyer sur des hommes de confiance reste un ressort très classique de management, et ça a fonctionné. Zidane l’a expliqué avec ses mots : "Personne ici ou ailleurs ne peut retirer à ces joueurs ce qu’ils ont fait. Je sais juste quels joueurs ils sont. Ils l’ont montré avant. Je vais compter sur eux. Ceux qui jouent moins, Keylor, Marcelo, Isco, Asensio, tous ont été bons."

Et le technicien d’ajouter au sujet des victimes de ses premières décisions : "Thibaut et Reguilon ont fait de bonnes choses jusqu’à maintenant, les autres aussi. Mais, en même temps, Keylor est très bon. Marcelo aussi. Isco aussi. Je compte sur tout le monde. Aujourd’hui, Keylor a joué mais Courtois jouera aussi. J’ai aussi Luca. J’ai trois très bons gardiens et nous verrons."

Au-delà du moment, la gestion des gardiens, forcément particulière, s’inscrit dans un contexte plus global. Celui d’une relation de confiance très forte entre Zidane et Navas. Le technicien n’avait pas hésité à refuser l’arrivée de Kepa en janvier 2018, comme il ne s’était pas montré favorable à celle de David De Gea après sa première saison. Parce qu’il estime Navas, décisif dans les conquêtes des trois Ligues des champions du Français et poids lourd du vestiaire.

Ce qui pèse face à Courtois, très critiqué de manière parfois injuste après l’élimination contre l’Ajax et qui a pu constater dans sa vie privée que la presse espagnole pouvait se montrer encore plus intrusive que les tabloïds anglais.

"Le Real Madrid a besoin de deux ou trois grands gardiens et l’entraîneur devra toujours prendre des décisions difficiles" , a rappelé Zidane. "Je vais compter sur eux jusqu’à la fin de la saison et nous verrons ensuite. Une saison, c’est long. Le Real Madrid a besoin d’avoir au moins deux grands gardiens." Avec l’un d’eux qui s’installe sur le banc…