Malines remportait la C2: "Aux Pays-Bas, ils en parlent encore"

Michel Dubois
Malines remportait la C2: "Aux Pays-Bas, ils en parlent encore"
©Photonews

Le 13 mai 1988, un météore illumina le firmament européen : le Malines d’Aad de Mos triomphait de l’Ajax en finale de la C2


MALINES “J’étais le plus jeune entraîneur des Pays-Bas. Je venais de passer cinq années à l’Ajax Amsterdam. Je cherchais un club qui me permettrait de faire prévaloir mes idées. Je voulais bâtir quelque chose par moi-même. À l’Ajax, ce n’était pas possible. Le plus grand club de mon pays se nourrissait de polémiques. Le président mais aussi de nombreux impresarii s’arrogeaient le privilège de négocier seuls les transferts.”

À l’instigation de Ger Lagendijk, qui allait devenir son manager et qui gérait, déjà, les intérêts d’Erwin Koeman, de Rutjes et de Den Boer, les trois Néerlandais du club des Casernes, Aad de Mos accepta, en octobre 1985, le rendez-vous, dans un restaurant de Rotterdam, que lui avait proposé John Cordier, le puissant patron de Telindus mais surtout le président du FC Malines.

Le Néerlandais à la fière prestance ne se doutait pas encore qu’il allait tisser la trame d’une des plus belles et des plus fulgurantes épopées de l’histoire du football du vieux continent.

Vingt-cinq ans après l’apothéose en finale de la Coupe des Coupes, à Strasbourg contre l’Ajax Amsterdam, Aad de Mos évoque toujours ce parcours triomphal avec des trémolos dans la voix.

Intarissable, il n’a sauté aucun des échelons de cette irrésistible ascension qui ne fut le fruit ni du hasard ni d’un heureux concours de circonstances. “Ce succès est la plus belle réussite de ma carrière. À Malines et pour l’unique fois dans mon parcours, j’ai pu œuvrer sans entrave, sans être chapeauté par un directeur technique. Même la responsabilité des transferts m’incombait totalement.”

La résonance de ce triomphe se révéla assourdissante. “Vingt-cinq ans plus tard, les supporters de l’Ajax m’en parlent toujours : Amsterdam n’a rien oublié, elle non plus !”

En octobre 1985, Aad de Mos avait perçu que John Cordier lui avait lancé un vibrant appel au secours : “Ce grand businessman péchait par sa totale inexpérience du monde du football. Il m’a avoué que j’incarnais son ultime chance de bâtir un grand club avec son argent. Je voulais prendre le club en charge au début de la saison suivante. Une nuit de février 1986, à minuit, John Cordier me téléphona : Veux-tu travailler dans un club de D2 ? Nous y allons tout droit si rien ne change. Nous allons remercier Ernst Künnecke, l’entraîneur en fonction. Veux-tu débuter dès maintenant ? J’ai accepté. Nous avons vécu trois mois très difficiles. Nous nous sommes sauvés de justesse. Après la saison, j’ai tout changé.”

Entre-temps, Aad de Mos avait visionné tous les matches de Malines à domicile et suivi tous ses adversaires lorsqu’ils se produisaient à Anvers : “Le président m’a demandé de dresser une liste des joueurs que je souhaitais acquérir. Cette liste, je l’avais déjà établie.”

Michel Preud’Homme fut le premier joueur retenu par le Néerlandais : “Je l’ai préféré à Bodart avec qui il était en ballottage au Standard. Puis j’ai attiré Deferm, Clijsters, De Mesmaeker et De Nil.”

Malines termina deuxième et remporta la Coupe de Belgique.

Aad de Mos bâtit, alors, l’équipe qui allait remporter la Coupe des Coupes : “J’avais découvert, sur cassette, un joueur qui allait se révéler difficile à gérer mais qui fut exceptionnel : l’Israélien Elie Ohana. J’ai ensuite attiré Pascal De Wilde d’Harelbeke et Wim Hofkens d’Anderlecht.”

Le Dinamo Bucarest, St Mirren, le Dinamo Minsk et l’Atalanta Bergame constituèrent les étapes successives du cheminement d’un FC Malinois vite surnommé le petit Arsenal pour sa propension à remporter ses matches par le plus petit écart. “Les ingrédients de notre succès ? Une camaraderie qui s’épanouissait en dehors du stade également, une stricte discipline dans un grand souci de respect mutuel. Mes entraînements n’étaient pas longs mais nous répétions sans relâche notre système de jeu. Nous n’avons pas déploré beaucoup de blessures car les têtes étaient fraîches. Je me suis imposé par mon coaching, mes analyses de l’adversaire et mes changements pendant les matches.”

Des frictions ont, parfois, envenimé les relations dans le vestiaire. “Quand un joueur était mécontent de moi, de son statut ou de ses émoluments, je l’orientais vers le président, qui m’avait ordonné d’agir de la sorte. John Cordier m’a toujours protégé de manière exceptionnelle. Il pouvait se montrer très dur avec les joueurs mais très généreux quand il accordait des bonus. Il incarnait un manager moderne.”

© La Dernière Heure 2013

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