Avances à des personnes exposées politiquement, transactions suspectes : Luciano D’Onofrio suspecté d’avoir blanchi des millions d’euros

Luciano D’Onofrio est suspecté d’avoir blanchi près de dix millions d’euros.

MADRID, SPAIN - OCTOBER 12 :  Luciano D'Onofrio during the UEFA Champions League Group Stage B Matchday 4 between Club Atletico de Madrid and Club Brugge on October 12, 2022 in Madrid, Spain, 12/10/2022 ( Photo by Vincent Kalut / Photonews
©VKA

Dans son émission de ce mercredi 7 décembre, les équipes d’Investigation de la RTBF et du Vif se sont concentrées sur Lucien D’Onofrio et le système qu'il a mis en place.

Nos confrères révèlent que ce dernier a réceptionné, entre 2014 et 2018, un peu plus de 9,5 millions d’euros provenant de l’étranger, dont une partie aurait été blanchie dans des montres, des véhicules de luxe, l’immobilier, la bourse ou encore un tableau de Vincent Van Gogh.

La RTBF et Le Vif ont mis la main sur un document – un rapport confidentiel du CTIF, l’organe indépendant qui lutte contre le blanchiment d’argent – prouvant des opérations financières via son compte bancaire et celui de sa société appelée Podium.

Certains montants qui sont parvenus sur le compte de la société de D’Onofrio proviennent de la société portugaise Gestifute, qui appartient à l’agent de joueur Jorge Mendes, et de deux sociétés détenues par Joao Almeida, un autre agent portugais.

Dans son rapport, la CTIF “déduit” que “tout ou une partie” des 9,5 millions versés à D’Onofrio “résulte de faits de criminalité organisée en lien avec les affaires des Football Leaks”, et qu’il y avait de “sérieux indices de blanchiment d’argent”. L’équipe d’Investigation a tenu à faire réagir l’avocat de Luciano D’Onofrio. Ce dernier a avancé que les transferts d’argent ont été contrôlés par des autorités judiciaires.

Le parquet fédéral, mis au courant par la CTIF, avait ouvert une enquête et mené des perquisitions en 2021 chez Luciano D’Onofrio. L’enquête est toujours en cours, car d’autres transactions doivent encore être étudiées.

La RTBF avance que ces transactions sont des prêts à des “PEP” (personnes exposées politiquement). D’Onofrio a donc prêté 70.000 euros à Alain Courtois, qui était à l’époque premier échevin libéral à Bruxelles et député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale. Ce dernier a répondu à nos confrères qu’il avait demandé cette somme pour payer ses impôts. Yves Bacquelaine, frère du ministre MR des pensions Daniel Bacquelaine, a touché 80.000 euros de la part de Luciano D’Onofrio. Comme Alain Courtois, il a aussi avancé que c’était pour payer ses impôts. Et enfin, Gaetano Lana, entrepreneur ansois et homme de confiance de Stéphane Moreau, aurait reçu un prêt de 300.000 euros. Ce dernier a “raccroché au nez” de nos confrères quand ces derniers ont évoqué le prêt.

La RTBF va plus loin et analyse d’autres transactions, comme le prêt de 150.000 euros à un expert-comptable, l’achat de montres de luxe, le paiement d’une transaction pénale, des investissements dans des entreprises liégeoises, mais aussi des vols en jet privé via les sociétés PrivateFly et Yellow, boîte crée par Marc Wilmots, des achats de voitures et même d’œuvres d’art.

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