“En 2006, La Gantoise était encore obligée de vendre : ce n’est plus le cas en 2010”

GENTBRUGGE Michel Louwagie envisage l’avenir immédiat de son club avec optimisme.

La place actuelle de La Gantoise dans la hiérarchie du football belge vous satisfait-elle ?

“C’est très gai. On affiche le plus petit budget des cinq grands et on les embête. Notre nouveau stade générera plus d’argent. Nous allons bientôt faire grimper notre budget de 16 ou 17 millions à 25 millions d’€. La pression croît doucement dans toutes les sphères du club. Je préfère cela à un endettement permanent.”

Jusqu’où La Gantoise peut-elle progresser ?

“Jusqu’au titre national. Pas cette année : Anderlecht est trop fort. Mais je nous vois déjà concourir pour la deuxième place”.

La Gantoise est-elle devenue le premier club de Flandre ?

“Que signifie ce statut ? Tant de paramètres le définissent. Si l’on se réfère à l’histoire, il n’y a pas photo : Bruges nous est très largement supérieur. Mais s’il avait dû, comme nous, investir dans le stade, s’il n’avait pas obtenu un subside pour sa rénovation avant l’Euro 2000, je ne suis pas sûr qu’il dominerait toujours. Si j’avais obtenu ces sous-là, La Gantoise présenterait un tout autre palmarès.”

Êtes-vous satisfait de la réponse du public ?

“Oui. Pour la finale de la Coupe, on a vendu 22.000 billets en trois jours. On aurait pu en écouler 40.000. Notre public ne vient pas de partout, à l’inverse de ceux du Standard ou du Club Bruges. Il se partage, comme l’anversois, entre divers loisirs culturels. Pour les grandes rencontres, on pourra attirer 30 à 40.000 personnes. Pour les petites, on stagnera à 13 ou 14.000.”

Comment envisagez-vous le mercato ?

“On va se renforcer. L’hiver, beaucoup de clubs ont besoin d’argent : les transferts sont plus aisés à réaliser qu’en été.”

Pourrez-vous garder El Ghanassy ?

“Il serait bon qu’il restât encore chez nous un an après cette saison. Le Celtic le convoite. Mais Yassine doit se diriger vers un bon championnat. Il ne doit pas aller à Twente. Ruiz aurait dû patienter : s’il était resté un an de plus à La Gantoise, Brian aurait pu jouer en Angleterre ou en Allemagne. Je me fais fort de convaincre El Ghanassy de la justesse de mes arguments.”

Ira-t-il, à terme, remplacer Boussoufa à Anderlecht ?

“Je ne le pense pas : Anderlecht ne pourra pas le payer. En 2006, La Gantoise était encore obligée de vendre. Elle était une anonyme 4e force en Belgique, inconnue en Europe et… endettée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le prix du joueur dépend de ces paramètres. On ne cédera donc pas El Ghanassy pour le prix qu’on a vendu Boussoufa. J’ai d’ailleurs déjà reçu des offres supérieures à celles d’Anderlecht. Nous ne sommes pas nerveux. De l’argent dort sur notre carnet d’épargne. Nous gagnons des sous depuis quatre ans. Nous ne sommes plus obligés de vendre aux prix que les acheteurs proposent mais aux montants que nous définissons nous-mêmes.”



© La Dernière Heure 2010