"Ce n'est pas encore l'heure : retourne au Sporting": les meilleurs phrases du sniper Michel Verschueren

Michel Verschueren est décédé ce mercredi. Entre polémiques et phrases cultes, il gardera une place particulière dans le coeur du football belge.

Avec le décès de Michel Verschueren, une véritable icône d'Anderlecht et du football belge s'en est allée. De Mister Michel, les Mauves retiendront évidemment les nombreux trophées glanés. Notamment une Coupe UEFA en 1983. Mais les puristes se souviendront surtout d'un homme attachant au caractère bien trempé.

Pour son club, l'homme n'a jamais hésité à se mouiller. Comme après une défaite 5-0 contre Westerlo en avril 2000. Alors que le club peut gagner le championnat, le RSCA prend une casquette. Les supporters veulent absolument tout démolir dans le stade. Mister Michel intervient en proposant "de se mettre entre eux". Preuve qu'il ne rechigne jamais à aller à la guerre pour défendre le blason qu'il aime tant.

"J'ai signé Lozano sur un carton de bière"

Manager, Michel Verschueren est parvenu à signer des talents incroyables chez les Mauves. À commencer par Lozano, l'une de ses plus grandes réussites. "Tout le monde parle de Rensenbrink, mais ce que Robby avait dans son pied gauche, Juan l'avait… dans les deux", déclare-t-il. "J'ai vite décollé pour Washington, on a signé le contrat dans l'aéroport sur un carton de bière ! Un carton Belle-Vue ? Je ne sais plus (rires). "

"Ce n'est pas encore l'heure : retourne au Sporting": les meilleurs phrases du sniper Michel Verschueren
©BELGA

En tant que manager, l'icône a autant marqué sportivement que par ses idées visionnaires. Comme lorsqu'il revient d'un voyage à Aston Villa en 1983. "Ils ont des loges, ici !", dit-il à son président Constant Vanden Stock. "Tu es sûr que tu n'as pas bu un verre de trop ?" réagit le père de Roger. "Non, il n'y a pas de gueuze ici !" lui rétorque-t-il. Un échange qui sent bon le Bruxellois de l'époque. L'idée des loges révolutionnera la vie dans les stades de football.

Autre anecdote savoureuse. En 2009, il subit une opération suite à un malaise qui avait nécessité une intervention urologique urgente. Sept mois après cette lourde opération, la DH le retrouve chez lui tout sourire. Et il nous livre une anecdote qui dit tout de son amour pour Anderlecht. "Je m'étais engagé dans un long couloir tout noir. Au bout de ce boyau, j'ai aperçu une porte. Elle n'était pas cadenassée. Elle s'est même ouverte sans que j'aie eu besoin de m'annoncer. Alors que saint Pierre m'invitait à le rejoindre au ciel, j'ai été intrigué par le manège de deux hommes qui, sur un tableau noir, déplaçaient des figurines de footballeurs. J'ai reconnu instantanément ces deux stratèges : Constant Vanden Stock discutait tactique avec Raymond Goethals. Quand il m'a vu, Raimundo s'est écrié : 'Hé, Michel, viens vite te joindre à nous !' Monsieur Constant a alors froncé les sourcils : 'Verschueren, ce n'est pas encore l'heure : retourne au Sporting.' Je n'ai jamais pu désobéir à mon président..." Même touché par la maladie, son inconscient ne l'a jamais éloigné du RSCA.

Des polémiques aussi...

Michel Verschueren, c'était bien plus que le RSCA aussi. L'homme n'a jamais hésité à dire ce qu'il pensait. Que ce soit sportivement, comme politiquement. Ce qui lui a valu plusieurs bricoles."Les grévistes sont des paresseux", lâche-t-il en 1993 alors que les grèves touchent les travailleurs de l'usine Renault à Vilvoorde. Déclaration qu'il a regrettée et où il s'est excusé à maintes reprises. "C'était il y a 15 ans. Et ces gens m'ont prouvé que j'avais tort juste après. La situation était très particulière dans laquelle les travailleurs ne pouvaient pas le faire. Tout a été dit sur le sujet et je suis maintenant un ami des syndicats", expliquera-t-il par la suite pour News Monkey.

"Ce n'est pas encore l'heure : retourne au Sporting": les meilleurs phrases du sniper Michel Verschueren
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Parfois, l'ancien manager général d'Anderlecht parlait même de certains sujets de société. Ce qui lui a valu plusieurs problèmes. "Je respecte les gays et les lesbiennes, tant qu'ils font leur truc à la maison. Leur étalage de grossièretés n'a pas sa place dans la rue", avait-il notamment déclaré. Quelques années plus tôt, il s'exprime également à propos de la nouvelle génération qu'il estime sur le déclin. "La jeunesse boit trop de vodka. Il est évident que nos jeunes ont besoin de plus de soutien et de conseils dans ce domaine", déclare-t-il en 1996.

Sportivement aussi, Anderlecht aura connu quelques polémiques. Comme lors du scandale de Nottingham. En 1997, l'affaire devient médiatique: Constant Vanden Stock a payé 13 ans plus tôt un arbitre espagnol, Emilio Guruceta Muro, afin que les Mauves gagnent 3-0 le match retour de la demi-finale de la Coupe UEFA 3-0 et se qualifier pour la finale. "Constant a été trompé par des professionnels. Cela peut arriver à n'importe qui", défendra le manager. Surtout, il est persuadé que son club va renaître de ses cendres. "Anderlecht, c'est comme le CVP : même après avoir connu des difficultés, il revient toujours au pouvoir." Référence à l'ancien CD&V qui a toujours gouverné en Flandre. Mauves du premier jusqu'au dernier jour.

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