Malgré ses capacités de sprinter et son cœur en or, le Ghanéen n’est pas le joueur préféré de René Weiler.

Le premier week-end des playoffs n’aurait pu se dérouler mieux pour Anderlecht : une victoire à Zulte-Waregem, une défaite de Bruges, un écart de quatre points… Le seul bémol : le cas Acheampong, qui ne parvient pas à plaire à son coach.

Retour vers vendredi soir au Stade Arc-en-ciel de Waregem, vers 19 h 45. Dix-sept des dix-huit joueurs d’Anderlecht sont en train de s’apprêter, mais Acheampong flâne encore sur le terrain, en train de téléphoner. Il est sans doute déçu par son statut de réserviste. Pour la 13e fois sous Weiler, il débute un match sur le banc.

Trois heures plus tard, Weiler pique une crise de colère quand il constate qu’Acheampong ne défend pas en fin de match. Monté au jeu à la 81e pour Chipciu, le Ghanéen avait comme tâche de tuer Zulte avec sa vitesse, mais surtout de remplir ses tâches défensives en perte de balle.

Ce n’est pas la première fois que Weiler en veut à Frankie. À Malines, il n’avait pas prêté main-forte à Deschacht sur le 3-2 du KV. Et à l’Apoel Nicosie, il avait oublié de revenir à deux reprises. La sanction avait été immédiate : à son grand étonnement, Acheampong ne faisait pas partie de la sélection contre Waasland-Beveren.

Visiblement, aux entraînements, le Ghanéen se fait encore plus souvent taper sur les doigts par son coach. De tous les joueurs, il est celui qui se prend le plus de remarques de la part de Weiler, et il commence à en avoir marre.

Acheampong est un brave garçon avec un cœur en or, mais il est un joueur d’instinct. Weiler, lui, veut que tous ses joueurs suivent ses consignes à la lettre. Voilà pourquoi il s’est débarrassé de Vanden Borre, Lukebakio et Okaka, pour ne citer qu’eux. Les autres ont tous compris en quoi consiste la méthode Weiler. Acheampong, lui, sort parfois des lignes.

La mauvaise humeur de l’aimable Frankie a aussi une autre origine. Pendant le mercato d’hiver, une offre de 8 millions de Hull est parvenue sur le bureau de Herman Van Holsbeeck. Après concertation avec René Weiler, Van Holsbeeck a dit non au club de Dieumerci Mbokani, qui lutte contre la relégation.

La décision s’est avérée payante, vu qu’Acheampong était l’homme de la qualification en seizième de finale contre le Zenit Saint-Pétersbourg, en inscrivant les deux buts au match aller (2-0). Et au retour contre l’Apoel, il était l’homme du 1-0. Mais pour le reste, Acheampong a surtout agacé son entraîneur et vice versa.

Tout comme Kara Mbodj, qui s’est vu refuser un transfert de 12 millions à Leicester, Acheampong a reçu la promesse de pouvoir partir à la fin de la saison pour un montant réduit. Il a encore (au moins) onze matches pour séduire les clubs intéressés. Du moins, s’il reçoit du temps de jeu. Parce qu’à Waregem, il a une fois de plus perdu du crédit…