Le back droit de Limassol, Edwin Ouon, a déjà battu Anderlecht avec l’Antwerp… il y a dix ans

LIMASSOL Seuls les spécialistes du football anversois le reconnaîtront. Ce soir, Anderlecht retrouvera sur sa route Edwin Ouon, un défenseur franco-rwandais de 31 ans qui a jadis évolué dans le championnat de Belgique.

Il est d’ailleurs l’un des rares joueurs de l’histoire à avoir porté le maillot du Beerschot et de l’Antwerp. “Cela me fait très plaisir de revoir mes amis belges”, a-t-il confié avant le duel contre Anderlecht. “Je conserve de très bons souvenirs de mon aventure là-bas et je reste amoureux d’Anvers. Lors de mes vacances, j’y passe à chaque fois. Et j’essaie toujours d’aller voir un match de l’Antwerp. J’y ai disputé mes deux première saisons en pro, de 2002 à 2004. Nous avions une belle équipe, avec des gars comme Bernt Evens et Harald Pinxten. Malheureusement, on a eu le contrecoup et on est descendu en D2. L’une des plus grandes déceptions de ma vie !”

Et de continuer: “Cela me fait mal de voir que l’Antwerp est toujours en D2. Ce club devrait faire partie de l’élite. Mais de nos jours, en football, tout tourne autour de l’argent. Et l’Antwerp n’en a pas beaucoup...”

Au Beerschot, Ouon s’était beaucoup moins amusé et Jos Daerden lui avait finalement indiqué la porte de sortie. “Mais j’y ai quand même vécu de bons moments. Je suis notamment devenu ami avec Moussa Dembélé, que j’ai encore de temps en temps au téléphone. J’ai aussi terminé un match… dans le but. Luciano s’était fait exclure et j’avais pris les gants parce que j’étais bon dans le trafic aérien.”

Mais le meilleur souvenir du trentenaire reste un match avec l’Antwerp, en 2002. “Je n’oublierai jamais cette soirée. Je n’avais que 19 ans et nous avions battu Anderlecht. C’était une équipe beaucoup plus forte et talentueuse qu’aujourd’hui, avec des joueurs comme Zetterberg, Wilhelmsson, Jestrovic, Aruna… Rien à voir avec l’équipe actuelle !”

Cela ne fait pas de doute aux yeux d’Ouon : Limassol a toutes ses chances. “Attention, Anderlecht reste favori. Ils ont de la classe collective et individuelle, avec Mbokani, Proto, Biglia et Deschacht. Et la Belgique reste un vrai pays de foot. Mais Chypre est en train de combler son retard. Les prestations de l’Apoel la saison dernière en C1 ont ouvert les yeux de l’Europe : Chypre n’est pas seulement un paradis pour les vacanciers, il y a aussi du foot pro ! La présence massive de joueurs étrangers tire le niveau vers le haut. Comme en Belgique, trois clubs tirent les autres vers le haut : l’Apoel, l’Omonia et nous. On a donc des arguments. Notre équipe forme un bloc costaud et nous avons aussi des supporters assez fous. Et pour ma part, j’ai été élu meilleur défenseur du championnat chypriote. Les attaquants d’Anderlecht sont prévenus...”


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