Le discours officiel des Anderlechtois sonnait un peu faux

Bien évidemment, sur le plan mathématique, rien n’est encore joué. Dès lors, il revient à des professionnels consciencieux de répéter à l’envi que, tant qu’il reste un soupçon de chance, ils n’ont pas le droit de déposer les armes. Mais il faut bien avouer qu’on ne voit pas comment Anderlercht pourra éviter de perdre les lauriers au profit de Genk.

Revenu beaucoup plus rapidement que prévu, surtout dans le onze de départ, Tom De Sutter n’a pas pu inverser la tendance.

“Soyons réalistes” , souhaita le toujours lucide Flandrien, “six points de retard, cela ressemble à une mission impossible même si nous n’avons le droit de baisser les bras. C’était en tout cas la teneur du discours du coach dès notre retour au vestiaire alors que nous ne pouvions masquer notre terrible déception.”

Très présent, surtout dans les 16 mètres, l’ancien buteur du Cercle y loupa l’une ou l’autre déviation qui aurait pu faire mouche. “Sans véritable rythme dans les jambes, j’avoue avoir souffert (NdlR : il tint une petite heure). J’estime que nous n’avons pas joué une mauvaise partition. Mieux même, au niveau des occasions, la balance penchait sans aucun doute en notre faveur. Mais comme souvent depuis le début de saison, on a failli à la concrétisation. Du coup, Genk est devenu le grand favori dans la dernière ligne droite.”

Dans la foulée de son équipier, Sacha Kljestan plaida encore la cause des siens.

“Je ne peux cacher que je viens de vivre l’une de mes plus grosses déceptions sportives alors que j’estime que nous n’avons pas si mal joué que cela. En seconde période, nous avons même dominé les débats en affichant la mentalité adéquate. On a passé près de 90 % du temps sur la partie de terrain adverse. On a vraiment tout essayé. Malheureusement, une seule petite erreur plus tôt dans la rencontre nous a coûté très cher. On a gagné des duels, remporté la plupart des seconds ballons mais on n’a pu traduire cette domination au marquoir.”

En ce qui concerne les trois dernières journées, l’Américain se montre aussi on ne peut plus clair : “Tant qu’il reste une infime chance, il faut la jouer à fond. Le titre ? N’y pensons plus et réalisons un neuf sur neuf pour n’entretenir aucun regret en bout de course. En d’autres termes, on devra aussi aller s’imposer à Sclessin ! Pour ce faire, il faudra se montrer plus efficace. L’absence de Biglia ? Toujours préjudiciable. Vendredi matin, il m’avait encore envoyé un message d’encouragement et m’avoua qu’il regrettait de ne pouvoir être près de nous.”



© La Dernière Heure 2011