Voici le témoignage poignant de Zvonko Milojevic (ex-Anderlecht), paralysé à vie : “Même m’habiller, ça ne va plus”

“J’aurais pu être chez Sterchele”

BELGRADE Les personnes qui font soigner leurs traumatismes ou maladies des os à Ribarska Banja, une station thermale située sur les monts Jestrebac, à 230 kilomètres de Belgrade, sont environ un millier. Le plus connu des patients est Zvonko Milojevic, l’ancien gardien d’Anderlecht (de 1997 à 2003) et de Lokeren (de 2003 à 2007), adversaires de ce soir.

Le 15 novembre 2007, un terrible accident avec un camion à Aix-La-Chapelle a failli lui être fatal. Mais Milo a survécu. Seulement, il est paralysé, du bassin aux pieds. “Merci pour la visite”, nous lance-t-il, ému. “Cela me réjouit que la Belgique ne m’ait pas oublié. (Il montre son passeport) Milo est belge ! (rires)

Tout au long de l’interview (en néerlandais, mais il ne parle plus de façon fluide), il n’a cessé de rigoler, alors que nous n’avions jamais entendu de témoignage si poignant. “Comme gardien, il fallait être fort mentalement. Cela m’a aidé à me battre. Sans mon esprit positif, je serais kaput. Et mes fortes mains de gardien m’aident à me déplacer en chaise roulante.”

Où en êtes-vous, trois ans après votre crash ?

“(Il soupire) Je progresse très, très lentement. Il y a six mois : le docteur m’a annoncé la nouvelle que je craignais depuis longtemps : je ne marcherai plus jamais. Je suis condamné à vivre en chaise roulante.”

Cette annonce doit avoir été atroce, Zvonko.

“Oui. Parfois, je perds le moral. J’ai été assisté par un psychologue, parce que c’est encore plus dur pour moi que pour quelqu’un d’autre. J’ai toujours été habitué à me trouver dehors, afin de jouer au foot. Je ne rentrais que pour dormir.”

Que pouvez-vous faire ?

“Écrire, me raser et manger. Pour le reste… Je parviens à aller de ma chaise roulante au lit, mais pas l’inverse. Je ne sais pas m’habiller seul, ni me laver. Je ne sens plus rien dans les jambes ni dans les pieds. Vous savez quoi ? Je ne sens même pas quand je fais pipi ou caca. Je porte un pampers. À 39 ans ! (Il frappe sur la table) Nondedju ! C’est Aimé Anthuenis qui disait toujours ça, hein ! (rires)”

Comment passez-vous vos journées ?

“De 9 à 11 heures : thérapie physique. De 11 à 12 : la piscine. De 13 à 17 : des exercices pour maîtriser mes besoins urinaires. Ensuite, je retourne dans ma chambre. Je joue au sudoku, je regarde la télé ou je lis les journaux sportifs Sept jours sur sept….”



© La Dernière Heure 2010