Craig Bellamy a quitté son poste de T2 à Anderlecht il y a presque un mois. "Depuis un jeune âge, il se bat contre une dépression", avait justifié Vincent Kompany à l'époque. Le principal intéressé est resté silencieux jusqu'à ce dimanche et une interview accordée au Daily Mail. Il y explique l'élément qui a déclenché une forme de rechute chez lui.

"En août, après la pré-saison avec Anderlecht, j'ai pu rentrer une journée au pays de Galles", raconte-t-il. "C'était l'occasion de fêter le premier anniversaire de ma fille. Mais en arrivant, j'ai tendu les bras et elle n'a pas voulu venir vers mois. Elle ne m'avait vu que huit ou neuf fois et je n'étais à la maison que pour 24 heures. Je ne faisais pas partie de sa vie. Toute la famille était réunie pour une petite fête et elle allait vers ses cousins mais pas vers moi. Je n'osais pas insister car c'était embarrassant. Je suis sorti de là et j'ai commencé à pleurer. Que fallait-il faire ? Retourner au travail et quitter à nouveau les gens que j'aime ?"

Dans le staff de Kompany depuis 2019, Bellamy tenait pourtant un job de rêve: "J'ai toujours voulu travailler à l'étranger. Et les jeunes d'Anderlecht ont un talent fou. C'était excitant de me frotter à ce challenge, pour voir si j'étais assez bon pour entraîner dans une équipe de ce niveau. Et tout le monde adhérait au projet 'In youth we trust', avec l'idée de combler les problèmes financiers en vendant certains talents après les avoir fait exploser."

Il évoque également l'importance de Kompany: "Passer du temps avec Vinny m'a vraiment ouvert les yeux. Sa façon d'être avec les gens, son management, son calme. On travaillait énormément, chaque jour de 7h30 à 20h. Cette aventure était géniale durant les six premiers mois. Ensuite, il y a eu le Covid... quand j'ai pu rentrer pour fêter Noël 2020 en famille, j'ai commencé à me demander pourquoi avoir conçu cet enfant si c'était pour lui offrir une vie pleine d'incertitudes. Je me suis senti devenir antisocial. Cela devenait difficile de me concentrer sur le football et de mettre mes émotions de côté."

Bellamy raconte également avoir essayé de couper les ponts avec sa famille, pour moins souffrir de l'éloignement: "A un moment, j'ai dit à tout le monde à la maison 'Oubliez moi, je ne reviendrai pas'. C'était peut-être mieux ainsi, surtout pour le bébé. Mais je ne suis pas ce genre de personne. Je suis trop émotif et j'ai eu besoin de m'assurer que ma fille sache que son père l'aime."

Il explique enfin comment Anderlecht a accueilli son départ: "Vinny s'en doutait car je lui en avais déjà parlé. Peter Verbeke, le directeur sportif, m'a montré le contrat qui m'attendait et l'a mis dans le coffre-fort du club en m'assurant qu'il serait toujours là pour moi. Cela signifie énormément."

S'il ne sait pas encore quand il reprendra le travail, Bellamy est satisfait d'une chose: "Désormais, quand je tends les bras vers ma fille, elle vient vers moi."