Filip De Wilde a joué au Sturm. “Le niveau du foot autrichien est inférieur au belge”

ANDERLECHT Le seul Anderlechtois à avoir joué au Sturm Graz n’est autre que Filip De Wilde (47 ans), l’entraîneur des gardiens.

En 2003, alors que Broos ne croyait plus en lui au Sporting, le portier est parti tenter sa chance l’espace de six mois en Autriche.

Parlons d’abord du présent : quel est le niveau du football autrichien ?

“En principe, il est inférieur à celui du football belge. Le ranking de la Fifa en est la meilleure preuve. Ils sont 77es, nous 34es. Mais ils ont le même problème que nous : leur championnat est petit, et leurs grands talents les quittent à un jeune âge, surtout pour aller en Bundesliga.”

Un point serait un bon résultat pour Anderlecht, vu son six sur six.

“On joue pour gagner. On était aussi allé à Moscou soi-disant pour un point, mais quand on a l’opportunité de prendre les trois points, on la saisit.”

Le Sturm Graz ne semble pas jouer dans la même cour qu’Anderlecht…

“C’est quand même le second club d’Autriche, après le Rapid Vienne. Ils ont un stade sympa – style hollandais – de 15.000 spectateurs. Même quand il n’est pas comble, il y a de l’ambiance. Pour des matches comme contre nous, je m’attends à un stade comble et à beaucoup de bruit. Tout comme Anderlecht, ils viennent de construire un tout nouveau centre de formation.”

Qu’en est-il de la situation financière du club ?

“Quand moi j’y ai signé en 2003, ils m’ont quand même offert un contrat que personne en Belgique ne pouvait donner à un joueur de 38 ans. Mais ils ne savaient pas bien gérer l’argent que leur participation à la Ligue des Champions leur avait rapporté.”

Le foot n’est pas le sport numéro 1.

“Non, c’est le ski. Un Autrichien est né sur des lattes. Pendant la trêve hivernale, on allait skier avec l’équipe, à l’invitation d’un hôtel. J’adorais cela, parce que j’en avais déjà fait auparavant, quand je jouais à Anderlecht.”

N’était-ce pas interdit par votre contrat ?

“Je n’en parlais pas. (rires) J’étais toujours très prudent, et j’étais accompagné par un moniteur. En cas de blessure, on aurait pu me reprocher d’avoir commis une faute grave.”

Vous avez laissé une bonne impression à Graz.

“Ils étaient contents de mes 17 matches, même si on était avant-dernier... J’avais un superbe appartement, une belle voiture avec un grand insigne du club. Je faisais des promenades dans la belle nature, et j’ai appris à pêcher à la mouche. Mais j’étais là sans famille et quand Lokeren m’a fait une proposition, j’ai accepté.”



© La Dernière Heure 2011