Au sein de la très jeune équipe anderlechtoise, un joueur fait un peu remonter la moyenne d’âge : Olivier Deschacht.

À 32 ans, il entame sa 13e (!) saison au Sporting. "Mais je me sens encore jeune", sourit-il. Demy De Zeeuw ne le nomme pas pour rien Mister Anderlecht

Olivier, comment évaluez-vous le noyau actuel ?  

"Il y a beaucoup de points d’interrogation. Beaucoup de joueurs sont partis et n’ont pas été remplacés. Mais je ne suis pas nerveux : on peut très bien avoir trois transferts entrants conclus d’ici la semaine prochaine."  

Mais De Sutter peut aussi vous quitter pour Bruges.  

"Je parle très souvent avec Tom. J’espère qu’il a tourné le bouton et qu’il restera. Nous n’avons pas d’autre profil d’attaquant comme le sien dans le noyau. Ce serait dommage de le laisser partir."  

Serait-il le remplaçant idéal de Mbokani ?  

"Tout à fait ! Il est solide et va droit au but. En plus, il connaît la maison. Un nouvel attaquant aurait forcément besoin de temps… Mais ce sera à Tom de prendre sa décision."  

Safari a quitté le club : vous voilà avec un concurrent en moins…  

"Pour moi, ça ne change rien. Le mercato est encore long et Jordan Lukaku sera un concurrent pour moi. La saison dernière, il avait un peu disparu mais je suis sûr que cette saison, il va faire ses preuves."  

Jordan se considère pourtant lui-même davantage comme un ailier gauche offensif…  

"Moi je le vois comme un back. Il doit se concentrer sur une position car la polyvalence n’est pas toujours positive. Je suis en tous les cas prêt à aider Jordan, notamment avec des conseils pour ses tâches défensives. En fait, je le fais déjà. Je ne serai pas éternel et je veux aider à préparer mes successeurs. D’ailleurs, Jordan écoute bien. Je sens beaucoup de respect de la part de ces jeunes joueurs."  

Biglia parti, cela vous a fait quoi de reporter le brassard ?

"Je n’y pense pas. J’ai laissé le brassard il y a deux ans et les chances sont grandes que je ne le porte plus jamais. On ne m’a pas non plus posé la question. De toute façon, capitaine ou pas, je me comporte en leader."  

En faisant quoi ?

"Je prends mes responsabilités. Je suis par exemple allé avec Proto voir la direction pour demander si Wasilewski ne pouvait pas recevoir un nouveau contrat d’un an. Un joueur aussi expérimenté et professionnel est toujours utile. Malheureusement, notre démarche n’a pas abouti. Dommage."  

Avez-vous aussi plaidé la cause de Milan Jovanovic, votre ex-compère du flanc gauche ?  

"Une chose est sûre : Jova va me manquer ! (Rires) Pas toujours sur le terrain (NdlR : il fait certainement allusion au fait qu’il ne défendait pas toujours) , mais certainement dans le vestiaire. C’est vraiment un gars fantastique."  

Et depuis son départ, vous êtes le plus vieux joueur du groupe…  

"Faire jouer les jeunes, c’est sans doute un choix pris en âme et conscience de la direction. Je dois dire qu’en douze ans, je n’avais jamais vu autant de jeunes talents qu’aujourd’hui. Mbemba, Lukaku, Jaadi, Heylen, Tielemans, Alvarez… Cela suffira-t-il pour la Ligue des Champions ? Ça, c’est une autre histoire. Mais trois ou quatre Espoirs peuvent certainement prendre leur place dans le noyau A. Avec, en plus, quelques renforts…"

Benoît Delhauteur