Son duel aérien remporté face au gardien d’1m95 a fait forte impression. “Au Standard, je sautais déjà plus haut que tout le monde”

Et de un pour Dieumerci Mbokani ! Même si Silvio Proto avait fait les arrêts nécessaires à Moscou, et même si Suarez avait ouvert la marque et joué de façon exceptionnelle, le but de Mbokani était le fait du jour. “Et dire que j’étais malade” , soupirait le Congolais.

La façon dont Mbokani a marqué le 0-2 était impressionnante. Guilherme Alvim Marinato, le gardien du Lokomotiv, mesure 1m95 contre 1m85 pour Mbokani. Et Guilherme pouvait utiliser ses énormes bras. Toutefois, c’est Dieu qui a gagné le duel aérien. “Je saute très haut, sourit-il. Je me demande qui saute plus haut que moi. C’est inné. Quand je n’étais encore qu’un enfant, je sautais déjà très haut. Au Standard, Bölöni nous avait fait faire un test. J’étais celui qui sautait le plus haut, avec Cyriac.”

Kouyaté interrompait alors son partenaire : “Je vais plus haut que toi. Mais je n’ose plus aller au duel avec toi. La dernière fois, avant Bursaspor, tu t’étais blessé au genou”.

Mbokani rigola : “Pas grave, je suis de retour. Même si je ne suis encore qu’à 80%..”

À Moscou, Mbokani était accompagné par sa femme, son agent Fabio Baglio et l’épouse de ce dernier. “C’est incroyable, mais j’avais prédit que Dieu allait marquer à la 71e ,” souffle cette dernière. Baglio sourit : “Dieu, tu sais qui a appelé juste après ton but ? Le président de l’AS Monaco (NdlR : Etienne Franzi). Pour te féliciter”.

Dieumerci n’avait pas trop bonne mine – le médecin confirmait qu’il était un peu malade – mais avait le sourire. Il n’avait pas raté ses débuts avec Anderlecht. Et avec des joueurs techniques comme Canesin, Suarez, Jovanovic ou Vargas autour de lui, il peut s’attendre à de beaux moments. “À Wolfsbourg, j’avais également joué avec des artistes, comme Diego et Grafite, dit-il. Mais je n’étais pas bien dans ma tête.”

Ici, malgré le drame humain qu’il vient de connaître (David, son fils de 5 mois, est décédé le 24 août d’un arrêt cardiaque), il semble bien dans sa peau. Herman Van Holsbeeck fait tout pour qu’il se sente bien. Pourrait-il déjà figurer au coup d’envoi à Genk ? “Je suis prêt, assure Dieu . Mais si je joue 90 minutes, il faut savoir que je ne suis pas encore au top. J’aime jouer à Genk. Je me rappelle un 0-2 avec le Standard, en 2008. J’avais marqué le premier but et Jovanovice le second…”



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