Nicolas Frutos est déterminé à saisir sa chance : "Je veux que les supporters aient les mêmes sentiments que quand je jouais".

Si David Steegen n’avait pas mis un terme à la conférence de presse de Nicolas Frutos, le nouveau coach (ad interim ?) d’Anderlecht serait encore en train de parler. Quel soulagement pour les médias, qui s’étaient habitués aux paroles creuses de René Weiler.

Nicolas Frutos, cette désignation comme T1 vous a-t-elle surpris ?

"Oui et non. Oui parce que je m’attendais à recevoir ma chance un jour. Mais je ne m’attendais pas à être désigné T1 si vite. Le départ de René m’a surpris."

Herman Van Holsbeeck a été clair : c’est pour quatre matches. Cela suffira pour convaincre le club de terminer la saison comme T1 ?

"J’espère le convaincre après 20 minutes, et pas après quatre matches. Écoutez : la majorité des joueurs ne connaît pas mon parcours de joueur. Mais je n’ai jamais eu de cadeaux. Surtout à la fin de ma carrière, je jouais chaque match comme si c’était le dernier."

Ça vous met une grosse pression…

"Ma vie, c’est le stress. (rires) Honnêtement, j’ai eu un bon entretien avec Monsieur Van Holsbeeck. J’ai écouté ses conseils et j’ai dit : ‘Merci beaucoup pour l’opportunité. Si quelqu’un peut aider le club, c’est moi.’ Voilà huit ans que j’ai arrêté ma carrière et deux ans que je suis de retour en Belgique. Je n’ai jamais caché mon ambition d’être T1 et je ne la cache toujours pas. Avant cette conférence de presse, David a parcouru quelques lignes avec moi. Je lui ai dit: ‘Je ne suis pas trop cela... Moi, c’est moi.’ Mais bon, on était sur la même longueur d’onde."

Les supporters qui ont sifflé Weiler, vont vous accueillir les bras ouverts.

"Tout d’abord, je n’ai pas aimé les sifflets à l’égard de René. Ce n’est pas l’Anderlecht que je connais. Mais je vais essayer de les convaincre de soutenir l’équipe. Vous savez, ce sont les fans qui me donnent le plus de pression. Je veux répondre à leurs attentes. Je vais essayer de leur faire revivre les mêmes sentiments que quand je jouais. Ils doivent vivre le match à fond."

Qu’allez-vous changer ?

"Je ne vais pas utiliser le mot ‘changer’ , mais plutôt l’expression ‘intégrer mes idées’ . Des choses que j’ai en tête depuis des années. On va voir ce qu’on peut faire en 24 heures."

Concrètement : y aura-t-il des surprises dans l’équipe ?

"Oui, je vais tout changer, complètement. (rires) Non, je vais décider ce soir. Je dois tenir compte des quatre matches en douze jours. Le noyau reste le même. Certains resteront titulaires, d’autres commenceront sur le banc."

Allez-vous jouer offensivement, vu votre passé comme attaquant ?

"Bonne question. Cela me dérange qu’on ait encaissé tant de buts, ces derniers matches. On a donné trop de confiance à l’adversaire. On doit donc nous-mêmes essayer de marquer beaucoup. En tant qu’attaquant, ça me fait plaisir de voir mes buteurs marquer des buts. Voici une anecdote de 2006, avant que je ne signe à Anderlecht. J’avais aussi une proposition d’un club italien. J’ai imprimé deux feuilles, avec les buts marqués les deux dernières saisons par Anderlecht et par ce club italien. Anderlecht avait une moyenne de 2,5 buts par match, les Italiens de 0,9. J’ai signé à Anderlecht, parce que je marquerais plus et je gagnerais plus d’argent."

Sven Kums redevient-il titulaire?

"Non, je lui ait dit qu’il ne jouerait pas une minute… Je rigole. Je décide ce soir s’il joue ou pas, mais c’est un joueur important qui va nous apporter beaucoup. Quand il avait 18 ans, il s’entraînait avec nous. C’est un super mec. Vous ne vous imaginez pas combien de fois j’ai pris son parcours extraordinaire comme exemple en parlant aux U21 ."

Redevenir T2 serait une option pour vous ?

"Laissez-moi me concentrer sur Westerlo - Anderlecht d’abord. C’est une finale de Mondial pour moi."

C’est vraiment le match de votre vie ?

"Euh… Ce mardi est déjà très important. J’ai travaillé jusqu’à 3 heures du matin, la nuit passée. Pour la première fois depuis que je suis à Anderlecht, je suis arrivé en retard au club. Je me suis rendormi ce matin, tellement j’avais travaillé… (rires) Chaque minute sera très importante. (Visiblement ému) Je suis trop heureux de recevoir cette chance…"

"Je ne casserai pas tout de Weiler"

Tout au long de sa conférence de presse, Frutos s’est montré très correct envers René Weiler. "J’appréciais beaucoup Weiler, j’avais donc un double sentiment, hier", dit Frutos. "Les joueurs, eux aussi, étaient choqués et surpris. Ceux qui jouaient étaient déçus. Pour ceux qui ne jouaient pas, ceci est une nouvelle opportunité. René a été champion et a joué les quarts de finale en Ligue Europa, je ne vais donc pas tout changer. Je vais garder sa façon de gérer le vestiaire. Il avait une idée très claire du football qu’il prônait. Moi, je ne vais pas trop parler de mes idées, je veux les montrer sur le terrain. Je vais essayer de gagner. Et si on peut jouer bien, ce ne serait pas mal. Mais ce ne serait pas intelligent de changer le style de jeu en 24 heures de temps. Il ne faut pas tout casser. Quand après un an et demi on veut changer de route pour venir au club, on risque d’arriver en retard…"