Guillaume Gillet a savouré ses deux buts : “Le penalty ? Depuis celui du titre contre Bruges à la 93e, je n’ai plus peur de rien”


BRUXELLES Cela faisait longtemps que le stade Vanden Stock n’avait plus vibré comme hier après-midi après les deux buts. Son auteur : Guillaume Gillet. Entretien.


Guillaume, John van den Brom nous a bien pris à contre-pied. Tout d’abord, il avait fait croire à la presse que vous joueriez comme médian.

“Moi, j’avais senti dès le début de la semaine que je jouerais comme arrière droit. Ce n’était pas le moment d’aller discuter avec lui de ma position. On était surpris de voir Van Damme jouer dans ma zone. Mais on ne l’a pas souvent vu. C’est bon signe pour moi.”

Puis, il avait fait croire que Kljestan était le numéro 1 sur la liste des botteurs de penalty.

“J’ai été trouver le coach samedi. Je lui ai dit que j’étais sûr de vouloir tirer. Il m’a répondu : ‘Qui dit que tu vas jouer ?’ Mais ce matin, j’étais le numéro 1 sur la liste. Voilà pourquoi j’ai fêté mon but dans les bras du coach. Je dois vraiment le remercier de m’avoir fait confiance.”

Quel culot ! Vous en avez raté trois, cette saison !

“Mais j’en ai marqué trois aussi. Et la saison passée, j’avais réalisé un cinq sur cinq. Écoutez : j’ai marqué le but du titre contre Bruges, la saison passée. C’était à la 93e minute. Depuis lors, plus rien ne me fait peur.”

Il était bien botté.

“J’étais bien dans le match, et j’avais inscrit le premier but : j’étais bien à 200 % dans ma tête. Je l’ai tiré dans le petit filet. Kawashima était bien parti, mais impossible pour lui de l’arrêter.”

Racontez-nous le premier but.

“Ah, Lucas Biglia a retrouvé son bon coup de patte sur les coups francs. J’aime bien des centres pareils. J’ai sauté plus haut que les autres, et le coup de tête était parfait.”

Quelle explosion de joie après ce but. Y avait-il aussi de la frustration ?

“Je ne vais pas mentir. Oui. Cela faisait deux mois que je n’avais plus fait un pas sur ce magnifique terrain. Je n’ai pas aimé la façon dont on m’a traité. J’ai répondu sur le terrain.”

Vous faites allusion à vos quatre journées de suspension pour votre intervention sur Joseph-Monrose à Genk.

“Oui. On m’a privé de ma joie. J’avais l’impression qu’on voulait me faire payer quelque chose alors que je n’ai jamais fait de mauvais geste sur le terrain. Cela m’est resté en travers de la gorge. J’estime aussi que la presse s’est trop acharnée sur moi en disant, directement après ce match à Genk : ‘Gillet mérite une suspension exemplaire.’ Mais bon : ce qui vous blesse doit vous rendre plus fort. Et je ne suis pas revanchard…”


© La Dernière Heure 2013