Anderlecht

Guillaume Gillet évoque le club qui a posé les bases de sa carrière pro et qu’il défiera demain

ANDERLECHT Guillaume Gillet n’est pas un ingrat. Il n’a pas oublié Eupen, le club qui lui avait ouvert les portes de la D1 en 2006. Un club qu’il croisera samedi pour l’entrée en lice du tenant du titre en championnat, et qu’il évoque encore avec beaucoup d’affection.

Guillaume, ça vous fait quoi de retrouver Eupen sur votre route ?

“Ça me fait très plaisir. Car franchement, je n’aurais jamais imaginé que ce club jouerait un jour en D1 ! Mais depuis mon départ, des personnes influentes sont arrivées, les objectifs ont changé et le niveau est monté, grâce à des bons joueurs étrangers.”

Quels souvenirs gardez-vous de votre saison là-bas ?

“C’était mon année la plus prolifique : je jouais en vrai n°10 et j’ai marqué 17 buts. Ce n’était pas trop mal, pour une seconde saison en D2 !”

La division 2 est souvent sous-estimée…

“À tort ! Pour un jeune, il est plus facile de passer par là plutôt que d’arriver directement au Standard ou à Anderlecht. Il faut savoir reculer pour mieux sauter. Personnellement, cela m’a aussi permis de terminer mes études d’éducation physique, vu que je n’étais pas encore professionnel.”

Qu’est-ce qu’Eupen vous a apporté ?

“De la maturité. Auparavant, à Liège et à Eupen, j’avais tendance à être un peu trop relax. Je m’entraînais à la carte, je ne faisais pas beaucoup d’efforts. Puis Marc Grosjean, mon coach à Eupen, a tapé sur le clou et ça a porté ses fruits. La preuve : en jouant encore en D2, j’ai été sélectionné avec les Espoirs belges. À la fin de cette saison-là, j’avais des offres du Standard, de Charleroi, de Westerlo, du GB, de Lokeren, du Brussels... Anderlecht avait aussi noté mon nom, mais il était encore trop tôt pour que je rejoigne le Sporting. J’ai alors opté pour Gand, qui, à mes yeux, était le club le plus ambitieux. En bref, si je suis à Anderlecht aujourd’hui, c’est aussi grâce à Eupen. J’espère y rejouer un jour, même si je compte plutôt terminer ma carrière à Liège... du moins si on veut encore de moi !”

Eupen a-t-il sa place parmi l’éli- te ?

“Oui, au vu de ce que ce club a montré l’an dernier. Eupen ne sera pas un oiseau pour le chat et à mon avis, il ne sera pas directement concerné par la descente. La plupart des entraîneurs de D2 s’accordaient d’ailleurs pour affirmer qu’Eupen développait le meilleur football de la série la saison dernière. En plus, le football est très populaire dans la région germanophone. Un match de P1 peut drainer 1.000 personnes. Le potentiel public est donc bien présent.”

Pensez-vous que ce club soit vraiment le bienvenu en D1 ?

“C’est vrai que cela va en ennuyer plus d’un d’aller à Eupen. Là-bas, il y fait vite très froid et il neige beaucoup plus qu’ailleurs. Ce sera un déplacement compliqué pour toutes les équipes.”

La plupart des gens prédisent un succès très facile pour Anderlecht face à Eupen…

“Le plus important sera de ne pas les prendre de haut. On ne les écrasera pas, mais on essaiera de faire plaisir à notre public. Il faudra profiter du fait que c’est leur premier match en D1, ce qui est toujours difficile à gérer. Mais il ne faut certainement pas s’attendre à des cadeaux de la part d’Eupen. Ce sera une rencontre plus difficile que celle au pays de Galles.”



© La Dernière Heure 2010