Sofiane Hanni a inscrit le premier triplé de sa carrière.

On l’avait rarement vu aussi détendu. Sofiane Hanni, toujours dernier à sortir du vestiaire, a pris son temps pour revenir sur un match qui le fera rentrer dans l’histoire.

Le dernier Anderlechtois à avoir inscrit un triplé sur le terrain du Standard se nomme Tomasz Radzinski. C’était en mai 1999 lors du fameux 0-6. "Je ne vais pas mentir. Ce triplé me fait plaisir et je trouve ça chouette de voir de tels chiffres. Mais j’aurais préféré les trois points."

Pouvez-vous résumer la soirée…

"C’était un peu dingue. C’est la première fois de ma carrière que je marque trois buts et le faire ici au Standard, ça fait plaisir. Je suis content de repartir avec le ballon."

Qu’allez-vous en faire ?

"Je vais demander aux joueurs de le signer et je le mettrai dans le meuble à trophée chez moi."

Madame sera d’accord ?

(Il rit) "Bien sûr qu’elle sera d’accord. C’est la première fois que je ramène un ballon, ça compte. Le seul hic, c’est qu’il y a le logo du Standard dessus. (rire) Au moins, je me souviendrai que c’est contre eux que je les ai mis."

Vous avez frappé fort en évoluant en faux 9. C’est un poste qui vous convient ?

"Oui et non. Marquer trois buts, c’est chouette. Mais j’ai eu du mal à trouver mes repères en début de match. Être dos au but, c’est moins évident. Je suis plus à l’aise à ma place normale."

Vous n’allez donc pas pallier le problème d’attaquants au RSCA…

"Je peux dépanner, mais je ne peux pas jouer une saison comme ça. Je n’ai pas les caractéristiques techniques pour ce poste."

Vous avez juste péché sur les phases arrêtées, mais vos buts viennent, pour les deux premiers, de mouvements construits. Cela laisse présager de bonnes choses ?

"Nous avons clairement été moins bons sur corner et coup franc. On doit y faire attention. Sinon, oui, on a créé pas mal de phases où on trouvait les décalages, les combinaisons."

Votre avenir est questionné ces derniers temps. Qu’en est-il ?

"Il y a de l’intérêt de plusieurs clubs. Je n’ai pas l’habitude du mercato hivernal. Peut-être qu’avoir marqué trois buts aujourd’hui, ça va alerter les clubs. (rires) On m’a toujours dit que les clubs attendaient les dernières heures pour faire signer les joueurs. On verra bien. Pour l’instant, je suis là. Ma tête est à Anderlecht et s’il doit se passer quelque chose, on verra."

Quel genre d’offre peut vous faire bouger ?

"Je privilégie d’abord l’aspect sportif. Je suis dans un grand club et je veux aller plus haut sportivement parlant. Après, il y a des offres qui ne se refusent pas. Là, je suis dans l’attente."


"Ma maman m’a demandé d’être joyeux si je marquais"

Après avoir inscrit son premier but, Sofiane Hanni a mis son doigt devant sa bouche devant la tribune du Standard. "J’ai célébré avec les joueurs et les fans. Puis, j’ai un peu chambré, oui", avoue-t-il. Adrien Trebel explique cette situation : "Ce n’était pas pour me défendre des sifflets mais il venait de se prendre un gobelet de bière."

Hanni s’est ensuite rendu devant son kop, la main derrière l’oreille. Pour provoquer ou pour célébrer à nouveau avec eux ? Il n’a pas voulu le préciser. "Je n’ai jamais été en guerre avec les fans. Par moments, je n’ai pas envie de fêter mes buts, c’est tout. Mais, ce matin, j’ai reçu un message de ma maman. Elle m’a demandé d’être joyeux si je marquais. J’ai voulu répondre à sa demande. Il faut toujours écouter papa et maman."