Il y a sans doute eu plus de spectacle à la conférence de presse des entraîneurs que sur la pelouse dimanche soir à la Ghelamco Arena. Parce que Vincent Kompany voulait montrer au reste du Royaume qu’il n’abandonnait pas la lutte pour les playoffs 1, avec des sourires, de la bonne humeur et des compliments à ses hommes. Et parce qu’Hein Vanhaezebrouck est Hein Vanhaezebrouck.

Les deux hommes sont directement tombés d’accord. "C’est la différence de buts et pas le nombre de victoires qui devrait départager deux équipes à égalité. La Belgique est le seul pays d’Europe à encore fonctionner ainsi ", regrettait le coach anderlechtois. "Même si ça ne nous arrangerait pas sur le coup, je partage l’opinion de Vincent, embrayait l’entraîneur gantois. Il faut récompenser les buts. Le RSCA est +10 à la différence de buts par rapport à nous. Ça doit pouvoir rapporter quelque chose."

Mais c’est donc bien Gand qui est devant à 180 minutes du terme de la phase classique. "Dans le vestiaire, j’ai dit aux gars que j’étais persuadé que l’Antwerp ou Gand perdrait encore des points d’ici la fin. On doit donc gagner nos deux derniers matchs puis on verra. Je ne veux surtout pas qu’on puisse avoir des regrets", positivait Kompany.

Malin, Vanhaezebrouck a directement renvoyé la balle : "Je suis absolument certain qu’Anderlecht fera 6 sur 6 contre Charleroi puis Courtrai. On n’aura donc pas droit à l’erreur. Avec ce 7e succès de suite en championnat, on vient de faire la plus belle série depuis vingt ans à Gand, mais ça ne servira à rien si on n’ajoute pas une 8e puis une 9e victoire de suite."

Sans le vouloir, l’Antwerp était aussi convié aux discussions d’après-match à Gand. Mais Vanhaezebrouck voulait éviter de citer le nom du troisième larron. "Est-ce que je préfère voir Anderlecht avec nous en playoffs 1 ? Bien sûr, pour ne pas que le RSCA arrive en finale de Coupe avec une motivation supplémentaire. Mais je ne veux pas trop le dire. Je n’ai pas envie de motiver les gars à Anvers."

Après toutes ces considérations mathématiques, Kompany reconnaissait quand même une ambiance morose dans le vestiaire mauve dimanche soir. "C’est trois points difficiles à perdre. Ça fait mal parce qu’on était sur une belle série et qu’on avait trouvé de la stabilité. Mais on se retrouve quand même subitement cinquièmes. On a eu les occasions, mais on a manqué d’efficacité. C’est ce qu’il y a de plus difficile à entraîner pour un coach. N’oubliez quand même pas de parler de la très belle deuxième période d’Anderlecht."

Dans le vestiaire d’à côté à la Ghelamco Arena, Vanhaezebrouck complimentait ses joueurs. "Je leur ai dit que j’étais fier d’eux. C’était notre 8e match en 24 jours et nous voilà dans le top 4. À la mi-temps, il y avait déjà plusieurs joueurs avec des pépins physiques, mais je ne pouvais pas les remplacer sans perdre directement en qualité. C’est une victoire à la mentalité aujourd’hui."

"On aurait dû marquer 40 % de buts en plus"

Comme souvent après une défaite, c’est Wesley Hoedt qui pouvait venir s’expliquer devant les journalistes. "C’est l’histoire de la saison, dit le Néerlandais. De un, parce que l’adversaire marque sur sa seule demi-occasion de but. Gand n’a pas été dangereux du tout. Et de deux, parce que nous avons raté énormément d’occasions. C’est notre propre faute d’avoir perdu ce match. Et je plaide coupable aussi. J’avais 150 % de chances de marquer sur ce coup de tête, mais j’ai raté. Pourtant, on contrôlait le match."

Et maintenant ? "Je ne pensais pas que nous pourrions encore terminer hors du top 4. Mais maintenant il faut tenir compte de ce scénario. Je suis curieux de voir si Gand et l’Antwerp pourront gérer la pression." Y. T.