Anderlecht a perdu sa place de leader après un triste 0-0. Peu rassurant avant l'Europa League

ANDERLECHT On attendait des Anderlechtois avides de récupérer leur pôle position dont ils avaient été dépossédés la veille par le concurrent limbourgeois, le Racing Genk. Et si Juhasz et Gillet brillaient par leur absence, Ariël Jacobs pouvait compter sur les services du duo Boussoufa-Legear pour faire remonter le moteur en régime.

C’était sans compter sur le brio tactique de Peter Maes et de ses Lokerenois qui ont livré une prestation frisant la perfection, même en infériorité numérique pendant plus d’une heure.

Ce qui ne fait pas les affaires d’Anderlecht qui a perdu sa place sur la plus haute marche du podium au profit du Racing Genk, déjà fier leader pendant de longues semaines en début de saison. La principale cause de ce semi-échec fut le manque d’efficacité dans le rectangle de Copa. Pour la cinquième fois déjà cette saison, le Sporting bruxellois n’est parvenu à trouver le chemin des filets adverses. Si à Charleroi et hier devant Lokeren, il ramassa encore une unité, il passa à la trappe à Split en Europa League, au Cercle en championnat et à Westerlo en Coupe de Belgique ! Cela commence à faire beaucoup...

Après la séquence émotions sur le thème Milojevic, les 45 premières minutes ne permirent guère au public, venu nombreux, de se réchauffer. Au contraire même, la rencontre ne se débloqua jamais.

Si les Anderlechtois affichaient de meilleures dispositions que les semaines précédentes, notamment grâce aux retours conjugués de Boussoufa et Legear, ils n’avaient pas encore retrouvé le brio qui leur avait permis de faire cavalier seul la saison dernière. D’autant que le secteur défensif n’offrait pas toutes les garanties et se fit secouer quelques fois par l’impact physique de Mokulu et la vélocité de De Ceulaer, sans pour autant que Proto soit mis en danger.

Même la supériorité numérique – la cinquième déjà cette saison (!) – suite à l’exclusion de Persoons qui accrocha (même légèrement, voire l’inverse selon Maes qui avait revu les images) Boussoufa qui s’en allait seul vers Copa, ne modifia guère les données. D’autant plus que Legear loupa dans la foulée une opportunité du genre unique… Personne ne pouvait contester un marquoir toujours vierge à la pause. “Si je déplorais le fait que nous n’avions pas trouvé le chemin des filets après 45 minutes, je n’étais pas mécontent de notre première période” , analysa Ariël Jacobs. “Tout ne fut pas parfait et j’ai incité mes joueurs à mieux utiliser les flancs pour déjouer la parfaite organisation adverse.”

Avouons-le d’emblée, le T1 anderlechtois ne fut guère entendu (ou écouté) par ses troupes qui remirent une bien piètre copie lors des 45 dernières minutes.

Il y eut bien l’une ou l’autre occasion à mettre au crédit des champions bruxellois, mais pas assez pour réellement bousculer des Waeslandiens qui conservèrent leur parfaite organisation d’un bout à l’autre, tout en n’omettant jamais de semer la panique en contre chaque fois que l’opportunité se présentait.

“Ce fut carrément mauvais et je ne comprends vraiment pas cette prestation après la pause. Les nombreux remaniements ne peuvent servir d’excuses même si cela ne facilite pas les choses. On dispose de suffisamment de qualités pour faire la différence sur les flancs mais notre rendement fut trop faible en rapport avec ces qualités. Le déchet était trop important et la précipitation mal placée en zone de conclusion” , conclut, courroucé et déçu, l’entraîneur des Mauves .



© La Dernière Heure 2010