L’ex-Anderlechtois Nenad Jestrovic nous explique pourquoi il a mis fin à sa carrière

BELGRADE Le rendez-vous était pris au Red Café , dans les travées du stade de l’Étoile Rouge. Nenad Jestrovic débarque en s’excusant pour son retard de quelques minutes. Il salue tout le monde : malgré le fait qu’il n’ait joué qu’une saison dans le club, Jestro y est connu comme le loup blanc. Souriant et amical, l’ancien buteur du Sporting est visiblement ravi de revoir un journaliste belge. Il improvise une visite du stade dont le garde est l’un des membres de l’équipe qui a remporté la C1 en 1991, moment gravé dans toutes les mémoires en Serbie. Ensuite, Nenad a pris le temps de nous raconter pourquoi il avait mis fin à sa carrière de joueur à seulement 34 ans, et pourquoi il porte toujours le Sporting dans son cœur…

Nenad, nous étions très surpris quand Nemanja Rnic nous a appris la nouvelle de votre retraite…

“J’ai pris cette décision sans le crier sur tous les toits. Ça ne méritait d’en faire la publicité jusqu’en Belgique…”

Pourquoi avez-vous arrêté ?

“Après la Turquie, j’ai signé à Metz, en janvier 2009. À mon arrivée, j’ai marqué un but, mais les six mois qui ont suivi, ça ne s’est pas bien passé pour moi. J’ai très peu joué (NdlR : une titularisation, huit montées au jeu). J’ai alors reçu des propositions de Grèce et d’autres petits championnats mais je ne les jugeais pas assez intéressantes. Je ne voulais pas terminer à un bas niveau et j’ai donc mis un terme à ma carrière de joueur. C’était la bonne décision.”

Après coup, vous avez des regrets quant à vos choix de carrière ?

“Absolument pas. Car je n’aurais pas pu atteindre un meilleur niveau. Il ne faut pas oublier que j’ai connu deux blessures assez graves. Sans elles, j’aurais pu passer encore un palier, mais c’était indépendant de ma volonté. C’est râlant car je me suis blessé deux fois tout seul ! Mais on ne peut pas prévoir ce genre de choses. C’est la vie. Et au final, je suis plutôt content de la carrière que j’ai menée. L’une de mes plus grandes fiertés, c’est d’avoir été meilleur buteur dans trois pays différents : la Serbie, la Belgique et les Émirats arabes unis. J’ai aussi joué et marqué en équipe nationale serbe. Ce n’est pas si mal…”



© La Dernière Heure 2010