Roland Juhasz parle pour la première fois de sa demi-saison pénible : “Je ne peux plus voir jouer Anderlecht”

ANDERLECHT Pour la première fois depuis son départ d’Anderlecht à Videoton, Roland Juhasz s’est exprimé. Pendant plus d’une demi-heure, le Hongrois nous a expliqué combien il a souffert cette saison-ci.

Avez-vous vu Standard – Anderlecht, Roland ?

“Non. J’ai vu le résultat, mais je ne sais pas capter les images du foot belge. Heureusement. Cela me fait trop mal de voir Anderlecht à l’œuvre. Pendant sept ans, j’étais une valeur sûre dans cette équipe. Anderlecht m’a énormément donné, et je lui ai rendu tout ce que je pouvais. J’ai joué plus de cent matches dans ce stade. (NdlR : il a joué 144 matches au Parc Astrid, et 287 matches en tout pour Anderlecht, toutes compétitions confondues). J’ai souffert, en suivant les matches depuis la tribune ou depuis mon fauteuil.”

Quel a été le moment le plus pénible ?

“D’apprendre que je ne pouvais pas accompagner le noyau A en stage en Turquie. Au lieu de cela, je devais m’entraîner avec les -21. Tout le monde sait qu’il ne m’aime pas (NdlR : Juhasz ne prononcera pas une seule fois le nom de van den Brom). Mais il y a un aspect sportif, et un aspect humain. J’ai toujours été correct. On ne peut rien me reprocher. J’accepte qu’on opte pour un autre joueur que moi. Mais pas qu’on me renvoie en -21.”

Il doit y avoir eu un incident entre vous deux.

“Non ! Aucun ! D’ailleurs, on n’a jamais eu d’entretien entre quatre yeux. Je sais regarder tout le monde droit dans les yeux : je n’ai rien fait de mal pendant cette demi-saison. J’ai la conscience tranquille. J’ai même travaillé plus que les autres, pour garder la forme. Quand j’étais blessé, j’étais toujours au club. Je vous assure que ce n’est pas facile de se motiver quand on ne reçoit jamais sa chance. Mais je n’avais pas le choix.”

Avez-vous changé sur le plan humain ?

“Oui. Je suis devenu plus dur. Je me rappelle que vous aviez fait une enquête auprès des autres joueurs dans la DH. Ils avaient dit : On ne comprend pas comment Roland reste si positif. Jamais, je n’ai fait la guerre dans les journaux. J’aime trop ce club. C’est ma deuxième famille.”

Le départ doit avoir été pénible.

“C’est un moment que je n’oublierai jamais. C’était un mardi après-midi que j’ai dit au revoir à tout le monde à Neerpede. J’avais les larmes aux yeux. C’était un moment très émouvant. Je pensais qu’il y avait plus de respect dans le monde du football.”

Vous n’avez pas pu dire au revoir aux supporters.

“Non, mais j’y retournerai un jour, quand ma carrière sera terminée. J’ai gardé beaucoup d’amis en Belgique, et pas seulement dans le football.”

Revenez travailler à Anderlecht après votre carrière !

“Non, c’est exclu. Je veux aider le football hongrois. Pas en tant qu’entraîneur, mais je veux travailler avec les jeunes. Je veux leur faciliter la vie pour devenir professionnels.”

© La Dernière Heure 2013