Roland Juhasz a déjà souvent entendu qu’Anderlecht était enterré

ANDERLECHT Même si Cheikhou Kouyaté l’a remplacé remarquablement, c’est avec les bras ouverts qu’Anderlecht récupère Roland Juhasz, qui vient de purger ses deux journées de suspension.

Comment avez-vous vécu les matches depuis les tribunes ?

“C’’était très difficile et bizarre de ne pas pouvoir jouer en n’étant pas blessé. Mais j’ai appris ma leçon. Je ne parle plus des arbitres. Moi, je l’ai payé cash.”

À savoir ?

“Après le match à Bruges, j’avais fait certaines déclarations (NdlR : que tout le monde est contre Anderlecht) et bizarrement, j’ai pris une jaune après ma première faute contre Genk. Et après une faute inexistante contre Gand. De mes dix jaunes, il y en avait cinq que je ne méritais pas. Soit : je vais davantage maîtriser ma frustration.”

Vous avez pu faire reposer vos adducteurs.

“Deux semaines ne suffisent pas. Cela fait six mois que je traîne cette blessure. Lors de chaque échauffement et dès la 75e, j’ai fort mal. Je ne peux plus jouer très longtemps avec cette douleur. Malgré cela, je veux éviter une opération. Elle m’éliminerait pour deux mois et demi. Des infiltrations peuvent peut-être m’ai- der.”

N’auriez-vous pas inscrit le but de la délivrance, contre Bruges ?

“J’ai surtout été surpris par la tactique défensive de Bruges. C’était la plus grande surprise de la saison ! Ils n’ont pas joué au football, ils sont tous restés derrière. Et ils ont eu beaucoup de chance.”

Anderlecht a découvert un nouveau défenseur central !

“Kouyaté ? En effet. Pour moi, il était l’homme du match à Lokeren. Il a gagné tous ses duels. Avec un corps pareil, il a un avenir à cette position. Mais il se sent plus à l’aise dans l’entrejeu, dit-il. Pour moi, c’était encore plus difficile : j’étais attaquant au début de ma carrière. De Boeck et Tihinen ont souvent dû me corriger : je négligeais souvent mon jeu de position.”

Le monde extérieur croit qu’Anderlecht est éliminé pour le titre.

“Moi pas. Mais il est clair qu’il faut gagner à Genk, et qu’il faut entamer le match avec la même mentalité que lors du match aller. Vous savez : Anderlecht est souvent fort quand ça chauffe. On nous a déjà enterrés plusieurs fois. Malgré tout ce qu’on a vécu, et même si les gens disent qu’on n’est pas assez bons, on est encore là. Cela veut quand même dire qu’on est forts ? Si on remporte le titre, il serait plus beau que la saison passée, quand tout allait comme dans du beurre.”

Genk vous attendra de pied ferme.

“Leur succès ne me surprend pas. Vu mon amitié avec Töszer, je les ai souvent vus à l’œuvre. Mais malgré nos blessures, on a assez de qualités pour gagner nos quatre matches. On est toujours bons contre Genk.”

Allez-vous féliciter Töszer si Genk est champion ?

“Je n’en tiens pas compte. Je n’aime pas féliciter un adversaire pour un titre, mais parfois, il faut bien… Il voudra se montrer au coach fédéral, qui vient au match.”

Allez-vous dire à Proto comment Töszer frappe ses coups francs ?

“Silvio le sait mieux que moi.” (rires)



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