Cela faisait deux semaines que Cheikhou Kouyaté refusait nos demandes d’entretien. Tout sauf une habitude pour le super sympa Sénégalais. Mais hier, lors de l’échauffement de la séance matinale, la bonne nouvelle est tombée : "OK pour l’interview", a-t-il lancé dans un sourire. Ça tombe bien, il avait plein de choses à raconter.

Pourquoi ce silence inhabituel chez vous depuis la reprise ?  

"Je savais les questions que vous alliez me poser et je n’avais pas envie de prononcer le mot transfert . Mais bon, je ne peux pas fuir éternellement mes responsabilités."  

Soyons dès lors direct : pensez-vous à un transfert ?  

"Oui j’y pense. Ce serait un mensonge que d’affirmer le contraire. Ce sont mes agents qui s’occupent de ça, moi je reste concentré sur mon boulot. Quand ils me diront qu’un club qui me convient s’est manifesté, on pourrait y songer plus sérieusement."  

Le Dinamo Kiev est le seul club à s’être montré concret jusqu’à présent. Vous ne vouliez vraiment pas y aller ?  

"Il ne manquait que mon accord pour que l’affaire soit conclue mais je veux jouer dans un championnat plus huppé. À part Kiev, y a quoi là-bas ? Ce n’est pas pour moi. L’Ukraine ou même la Russie, cela aurait pu être envisageable à 28-29 ans mais pas à 23. Je veux tenter d’atteindre le plus haut niveau possible pour moi."

Anderlecht ne vous a-t-il pas poussé à accepter l’offre lucrative (sept millions d’euros) de Kiev ?  

"Euh! (il réfléchit longuement) Disons qu’Anderlecht a fini par accepter mon choix."  

Reste que le club continue à demander sept millions pour vous. N’est-ce pas énorme quand on voit que Biglia n’est parti que pour cinq millions et demi ?  

"Sept millions, je trouve que c’est énorme et je ne pense pas qu’un club d’un championnat huppé comme la Premier League mettra ça pour moi. Je comprends que ce soit le business, mais je trouve qu’Anderlecht doit baisser mon prix de vente. J’ai toujours été très correct envers le club et j’espère qu’on me renverra l’ascenseur. Maintenant, on verra les discussions quand un club se manifestera."  

Cela devrait rapidement bouger pour vous puisque vous allez bientôt recevoir votre passeport belge.  

"En fait, je suis déjà belge. C’est mon avocat qui me l’a appris quand je me suis réveillé après mon opération de l’appendicite après le titre. Après de longues années d’attente, ma demande a été acceptée. C’est évidemment une super nouvelle pour moi et un moment clef dans ma carrière. À moi de faire le bon choix maintenant."  

Vous êtes suivis par des clubs anglais comme Southampton et Newcastle, le milieu de tableau de la Premier League. Cela correspond-il à vos attentes ?  

"Dans une carrière, il faut monter par palier. C’est ce que j’ai fait en Belgique, au Brussels et à Courtrai, avant d’atteindre le top à Anderlecht. Ce que je veux, c’est un club ambitieux, avec un beau projet sportif."  

Et ce sera uniquement l’Angleterre ?

"Non, ce n’est pas certain à 100 %. La France et l’Allemagne sont de bons championnats aussi."  

On a parlé de vous à Monaco.  

"Oui, mais le dossier est refermé."  

Et si le club qui vous convient ne se manifeste pas et que vous devez rester à Anderlecht. Parviendrez-vous à le digérer ?  

"Je ne sais pas. On parle alors de revoir mon contrat à la hausse. Mais on n’en est pas encore là. Il reste un gros mois de mercato."  

John van den Brom a toujours l’espoir que vous restiez.  

"Oui, il m’en a parlé. Je lui ai dit que je resterais si un bon club ne venait pas pour moi. J’ai trouvé ça cool de sa part de me dire ça. Je lui ai aussi précisé que je me donnerais à fond pour Anderlecht jusqu’au bout."  

La mode de l’été est de casser ou de menacer de casser son contrat pour mettre la pression. Pourriez-vous en arriver là ?  

"Non, jamais de la vie. Je respecte beaucoup trop Anderlecht. Je n’oublie pas que ce club m’a donné l’opportunité de grandir et de me montrer."  

Terminons par un pronostic : Anderlecht sera-t-il champion cette saison ?  

"Je l’espère évidemment, mais il faudra du renfort, surtout offensivement. En défense et au milieu, il y a de l’expérience. Pour le moment, je ne vois pas une équipe qui veut tout casser, comme c’était le cas auparavant..."