Des Carolos déchaînés et parfaitement préparés ont mis en lumière toutes les lacunes anderlechtoises en ce début de saison.

"C’est la mentalité qui a fait la différence aujourd’hui."

Comme sur le terrain, Dodi Lukebakio a visé juste en zone d’interview dimanche soir. Enragés, les Zèbres ont dévoré des agneaux anderlechtois, incapables de gagner un duel ou d’oser un dribble.

Même si les Bruxellois donnaient l’impression de ne plus savoir jouer au football, les Carolos ne sont pas subitement devenus plus talentueux que les champions en titre. Par contre, les Mauves ne sont pas suffisamment talentueux pour faire la différence sur leurs simples qualités footbalistiques. Si c’est passé ric-rac contre l’Antwerp et Ostende, cela n’a pas pardonné contre une équipe aussi costaude et bien organisée que Charleroi.

Les Anderlechtois n’ont pas encore réellement débuté leur saison. Parce que le mercato est toujours en cours pour certains et parce que la Ligue des Champions est le vrai rendez-vous du début de saison pour les autres. Les joueurs font moins d’efforts les uns pour les autres et se contentent du minimum syndical. Toutes les valeurs que prônent Weiler depuis le début de son mandat semblent envolées.

Faut-il dès lors déjà pointer l’entraîneur du doigt après ce départ manqué ? Malgré quelques étonnants soucis d’organisation lors des montées de Stanciu et d’Onyekuru à l’heure de jeu, évidemment que non. Le Suisse attend juste le mois de septembre avec impatience. Pour avoir un groupe qui ne bougera plus pendant quatre mois au moins et pour pouvoir motiver son groupe avec la C1. En attendant, il prend son mal en patience. Plusieurs réservistes pourraient tout de même recevoir leur chance dimanche contre Saint-Trond, histoire de mettre une claque à quelques titulaires.

Il y a tout de même un aspect du jeu qui inquiète Weiler à plus long terme : la disette offensive (1 seul but marqué en 270 minutes). "On a beaucoup le ballon dans les pieds mais on n’est pas assez concret", résume-t-il. "Toute l’équipe doit aider à la création d’occasions mais quand tu ne dribbles pas et que tu ne frappes pas au but, ça devient dur de marquer…"

Le collectif est important mais on peut tout de même tourner le regard vers Teodorczyk. S’il n’est pas le seul responsable de la défaite à Charleroi, il a encore déçu devant. Suffisamment pour lancer un débat lors des quinze derniers jours de mercato à Anderlecht : faut-il acheter un nouvel attaquant ? "Ça, j’en discuterai avec mes dirigeants, pas avec les journalistes. Ce n’est pas prévu en tout cas."

Entre les lignes, on peut tout de même lire que ça ne serait pas vraiment un luxe. Ne serait-ce que pour mettre une vraie concurrence dans les pattes de l’avant polonais…