Leurs méthodes font office de référence sur le continent. Le vivier de talents est sans conteste l’une des plus grandes richesses du Sporting aujourd’hui. Qui le connaît mieux que le directeur technique du centre de formation et l’adjoint des U21 ? Dans ce troisième épisode de RSCA Podcast, réalisé en collaboration avec La DH-Les Sports +, Jean Kindermans et René Peeters ont évoqué différents sujets qui animent les couloirs de Neerpede.

Le retour de Kompany ? "Une bénédiction"

Jean Kindermans "Le retour de Vincent est une bénédiction pour nous, oui. Il a été formé chez nous. Vincent connaît le vestiaire, notre football, le profil et le développement de nos jeunes joueurs. Il en a aligné énormément, ça a été une bénédiction. Maintenant, il est confronté à la réalité du jour : les difficultés financières du club et les résultats qu’un club comme le RSCA doit obtenir. Il essaye de trouver le bon mix entre les jeunes et les expérimentés."


Faire le pas vers les A : "Peut-être trop de jeunes, trop vite à un moment"

René Peeters "Nous avons connu une petite période, à l’arrivée de Vincent, où il y avait peut-être trop de jeunes qui passaient en A trop rapidement et pas au bon moment. Naturellement, il y a toujours des gars qui font le pas plus tôt que d’autres. L’âge n’a pas d’importance. Nous ne sommes pas tous des Kompany, Vanden Borre et Tielemans : l’important, c’est que les jeunes comprennent cette réalité. J’ai un peu l’impression, pour l’instant, que certains comparent très vite leur potentiel à eux. Alors que nous, en tant qu’entraîneurs, nous connaissons la différence. Il y a d’autres garçons qui ont peut-être dû attendre plus longtemps comme un Dendoncker par exemple. Il s’est battu pour en arriver là."

Le passage des jeunes en D1B : "Un plateau idéal pour les préparer"

Peeters "Si notre équipe espoirs parvient à passer en D1B, je suis pour, oui. Franchir le fossé entre les U21 et l’équipe première est encore un très grand pas. Pour préparer les jeunes au mieux, il faut passer par la D1B où ils joueront contre des adultes. Il y a de très bons joueurs dans cette division, quoi que l’on en pense. Ce serait un plateau idéal pour préparer les joueurs à faire le pas vers la D1A."

Les départs précoces : "Le pire n’est pas derrière nous"

Kindermans "Quand j’ai commencé, avec la génération 91-92, si nous appelions les parents du joueur l’après-midi, ils étaient là pour signer leur premier contrat à 17 h 30. C’était une fierté. J’avais été confronté pour la première fois à un départ : celui de Rosario Saporito au Werder Brême. Depuis, le paysage a totalement changé. Aujourd’hui, une discussion avec un enfant de 12-13 ans dure des semaines. Ils sont entourés d’‘accompagnateurs’ qui mettent la barre très haut, même au niveau financier. Ce monde devient de plus en plus complexe. Il faut s’adapter, mais je pense et j’espère que la réglementation va aller dans le bon sens. Je ne pense pas que le pire soit derrière nous. Chaque année, nous perdons un ou deux top-talents."

Les générations futures : "Comme moi, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles"

Peeters "Oui, il y a beaucoup de qualité qui arrive. Mais il faut être patient. Je ne peux pas croire que chaque joueur est prêt à rentrer dans l’équipe A à 16 ou 17 ans. On voit des garçons comme Yari, qui commence à tourner à 100 %. Il a aussi eu besoin d’un moment pour s’adapter et pour continuer à évoluer. Quand on a 18 ou 19 ans, on n’est pas encore complet. Il y a pas mal de joueurs qui sont en train d’arriver au Lotto Park (sourires). Butera et Duranville ? Je n’aime pas citer de noms. Mais c’est vrai que, entre autres, ces garçons-là ont beaucoup de qualité. Mais mon expérience me dit que, entre 18 et 19 ans, il y a encore beaucoup de choses qui évoluent. J’ai déjà vu beaucoup de grands talents mais qui, quand même, ne feront pas le pas."


Kindermans "Il y a des vagues de talents et parfois il y a une ou deux saisons où il y en a moins en raison de différentes circonstances. Mais je dors sur mes deux oreilles parce que je sais ce qui arrive et les supporters peuvent le faire aussi : nous allons encore sortir beaucoup de jeunes."

Les plus talentueux : "Pas sûr de gagner le tournoi, mais bien d’avoir le meilleur joueur"

Kindermans "J’ai commencé en 2005 et quelques années plus tard, j’ai vu pour la première fois Charly Musonda Jr. Il est devenu le point de référence car c’était un phénomène. Quand il avait 9 ans, je le voyais déjà faire des trucs et je me disais : ‘purée’ . Quand on allait à un tournoi en Belgique ou à l’étranger, nous n’étions pas sûrs de gagner mais nous étions sûrs d’avoir le meilleur joueur (rires). Et puis il y a en a eu d’autres : Tielemans, Verschaeren…"