Le 12 de Paul Mukairu (20 ans) ne pouvait pas mieux coller à la situation. "C’est en référence à Thierry Henry (NdlR : son n° en équipe de France)" , dit le jeune Nigérian.

Comme son modèle, le nouveau joueur du RSCA a ouvert son pied droit pour déposer le ballon en lucarne et permettre à son équipe de prendre trois points. Après seulement 14 minutes sous la vareuse du RSCA. "Je ne pensais qu’à une seule chose en montant sur le terrain : marquer ou donner un assist, affirme-t-il. J’ai bien profité de l’espace et j’ai marqué le plus beau but de ma carrière. J’ai directement pensé à Dieu et j’ai remercié mon équipe qui m’a fort soutenu."

Mukairu a d’autant plus de mérite qu’il est arrivé en Belgique il y a moins d’une semaine et qu’il ne s’est entraîné pour la première fois que jeudi. "Je n’avais pas le bon visa. La période avant d’arriver a été très stressante. J’ai voulu me donner à fond pour ne pas être en retard par rapport au reste du groupe. J’espère rapidement pouvoir montrer mes qualités. Je suis un joueur technique, rapide et capable de donner de bonnes passes clés."

La présence du jeune attaquant (qui se dit meilleur comme ailier gauche) dans le groupe s’explique en partie par l’absence pour blessure de Yari Verschaeren. "Mukairu a surtout montré une grosse volonté d’apprendre, analyse Vincent Kompany. Il s’est donné à 200 % à l’entraînement. Comme s’il était venu ici pour survivre et faire survivre sa famille. Je ne vais pas me priver de ce genre de motivation. Il a mérité sa place et son goal."

Le coach a tenu un discours similaire pour un autre joueur. Kemar Lawrence est là depuis janvier mais n’avait jamais connu de titularisation sous le maillot anderlechtois. Le Jamaïcain sort enfin la tête de l’eau après avoir été fortement touché par le décès de son frère. "Son histoire peut lui permettre de nous apporter énormément. Il joue avec de l’émotion et donnerait sa vie pour ses équipiers."

Kompany avait prévenu : Lawrence est un joueur physique. Il a marqué le coup avec un gros tacle avant la pause et quelques interventions qui ont claqué dans le stade vide. Au duel il a été impérial. Son placement n’est, en revanche, pas toujours parfait. "Il a aussi eu un impact vocal, souligne Kompany. On a besoin de ce genre de profil."

Lawrence a également montré son caractère. K.O. et criblé de crampes, il a râlé lors de son remplacement. "J’étais un peu fâché, sourit-il. Je voulais encore me battre."

Vincent Kompany dit ne rien avoir remarqué. "On s’est fait un gros câlin après le match. Je ne devais pas l’envoyer directement dans la gueule du loup après un an sans titularisation."