Sur les traces de Dennis Praet, meneur de jeu d’Anderlecht formé huit ans à Genk

Depuis son arrivée à Anderlecht en 2010, Dennis Praet n’a encore jamais affronté Genk, son club formateur. Pour le sommet de ce dimanche à la Cristal Arena, il devra encore se battre jusqu’à la dernière minute suite à un vilain coup reçu le week-end passé. Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque de montrer tout son talent au club qui lui a tant appris durant huit années. Un club où on regrette toujours son départ mais où il est impossible d’entendre du négatif sur le milieu de terrain.

“Dennis, c’est un sacré personnage” , sourit Dirk Gilis, l’un de ses entraîneurs chez les jeunes. “À quatorze ans, il avait dû, comme tous ses équipiers, remplir un formulaire d’évaluation en fin de saison. Je n’oublierai jamais ce qu’il avait inscrit : ‘Je peux paraître très fâché quand je suis remplacé mais je ne vise pas le coach. J’ai juste envie de jouer chaque minute.’ C’était rare de retrouver autant de douceur. Plus loin dans le formulaire, il avait répondu footballeur à la question : que voulez-vous faire plus tard ? Comme tous les autres. Sauf que Dennis avait aussi ajouté qu’il allait beaucoup étudier afin de trouver un job sympa s’il ne réussissait pas dans le foot.”

Pourtant, la réussite balle au pied du Louvaniste n’a pratiquement jamais fait aucun doute. Après avoir débuté chez les jeunes d’un club de quatrième provinciale, SVJ Motbroek, à l’âge de cinq ans, il s’est retrouvé au Stade Louvain puis à Genk au bout de trois petites années.

“Il avait alors le choix entre Malines, Anderlecht et Genk” , se souvient Herman, son papa. “La balance avait penché du côté des Limbourgeois car on venait le chercher tous les jours en taxi pour faire les 134 kilomètres entre la maison et le centre de formation tout neuf de l’époque.”

Un coup dans le mille pour Genk. Dans toutes les catégories d’âge, Dennis Praet a chaque fois été le meilleur. “Non seulement il était bon, mais il rendait en plus ses équipiers meilleurs” , précise Dirk Gilis. “J’ai encore ses stats sous les yeux : en U15, il avait inscrit dix buts mais surtout distribué vingt assists en une saison. Il était à chaque fois le plus petit mais il compensait en pensant plus vite que les autres. Cela fait quinze ans que j’entraîne des jeunes au niveau national mais je n’ai jamais retrouvé un tel talent.”

Avec Jordy Croux et Anthony Limbombe, aujourd’hui dans le noyau A de Genk, Dennis Praet emmenait la génération née en 94. Une équipe qui a eu l’honneur de disputer la Nike Premier Cup, une sorte de Coupe du Monde chez les jeunes. Une victoire dans la sélection belge puis dans la sélection européenne au bout d’un tournoi de haut vol pour Praet qui disputera la finale malgré une blessure encourue en demi-finale contre le Sporting Lisbonne. “Grâce à cela, on s’est qualifié pour la compétition mondiale à Manchester” , raconte Yannick Nulens, l’un de ses équipiers. “Cela se passait dans le centre d’entraînement de ManU. On a eu droit à un speech de Sir Alex Ferguson et Wayne Rooney et Ryan Giggs ont assisté à l’une de nos rencontres. C’était génial.”

Genk termine à la huitième place mais tous les scouts présents au tournoi ont noté en grand le nom de Praet. Mais la famille ne veut pas envoyer Dennis si jeune à l’étranger, les études étaient trop importantes. “D’autant qu’il était vraiment bon à l’école” , poursuit Yannick Nulens. “Quand il recevait un 6 sur 10, c’était une catastrophe. Il était très bon en math et aidait beaucoup ses camarades de classe. Vous savez, Dennis veut être le meilleur en tout. Il ne fait pas les choses à moitié.”

À seize ans, l’intérêt des clubs se fait tellement pressant que le papa engage un avocat pour gérer la situation. “Il y a vingt offres concrètes pour Dennis” , précise Maître Vanden Boer, ancien président du SK Lommel. “On a fait le tri pour ne retenir que quatre destinations : Ajax, Lille, Arsenal et Anderlecht. Sans oublier évidemment la possibilité de signer pro à Genk. Malheureusement, on n’a jamais reçu un véritable plan sportif de la part du club limbourgeois. À Genk, on dit que nous avons choisi l’argent mais c’est faux car Arsenal, l’Ajax et Lille offraient plus que le Sporting. À Anderlecht, Jean Kindermans nous attendait avec un beau plan de carrière pour Dennis.”

Pour finaliser l’arrivée d’un des plus grands talents de sa génération, la direction mauve a dû payer… 20.000€ d’indemnités de formation au club limbourgeois.



© La Dernière Heure 2012