La commune de Beersel recevra d’ici peu un courrier au cachet quelque peu particulier. Après avoir lancé l’idée sans trop y croire, après s’être penché plus sérieusement sur le projet, Matias Suarez introduira à la fin août une demande de naturalisation.

Un dossier qui ne pourra être lancé légalement avant la fin de l’été, mais qui devrait très rapidement aboutir, au vu de la situation familiale du joueur (résidant en Belgique avec femme et enfant) et de ses années d’ancienneté. Si les dédales administratifs imposent souvent une prudence sans faille à l’égard du calendrier, il se pourrait que l’affaire soit d’ores et déjà bouclée pour le mois de janvier ou de février.

De quoi relancer les roulements de tambour lorsque le mercato hivernal viendra à nouveau se dessiner ? Pas vraiment, non.

Car en dépit de toutes les théories du soupçon, le choix de Mati serait avant tout motivé par des questions affectives. Ses mois perdus dans une sorte de No Man’s Land (le joueur restant écartelé entre le CSKA Moscou et le Sporting d’Anderlecht) semblent aujourd’hui l’avoir marqué au fer blanc, le joueur faisant désormais passer l’équilibre familial avant l’attrait de l’argent.

L’entrée à l’école de sa fille Halona dans le même établissement que les enfants de Silvio Proto atteste au demeurant de cette forme de Belgitude dans laquelle le clan Suarez paraît avoir trouvé la clef d’une vie équilibrée.

Reste qu’en cas de naturalisation, la carrière de Mati pourrait toutefois prendre de nouvelles proportions. Toujours embarrassé aujourd’hui par le statut de joueur extracommunautaire (Suarez ne possédant que la nationalité argentine, au contraire d’un Biglia doté d’un passeport italien), l’ancien prodige de Belgrano jouirait alors d’une nouvelle étiquette et de nouvelles facilités sur le marché des transferts (notamment au niveau du championnat anglais).

La date (janvier ? février ?) à laquelle le dossier de naturalisation pourrait aboutir ne semble toutefois revêtir que peu d’intérêt; Matias Suarez ayant répété à plusieurs reprises (en public comme en privé) son désir de ne pas quitter le Sporting au cours de l’été. La prolongation récente de son contrat vient d’ailleurs de le conforter dans l’idée de rester mauve tout au long de la saison. Herman Van Holsbeeck ne doit guère s’inquiéter.