D’un but et d’un assist , Lucas Biglia a évité la mauvaise surprise au Sporting puis en a profité pour régler ses comptes avec la presse

Le stade était en train de s’endormir après une première demi-heure soporifique quand Biglia, suite à un très joli une-deux avec Praet à l’entrée du rectangle, a fait trembler les filets de Clepkens d’un subtil tir croisé. Le visage fermé et le regard noir, le capitaine a évité les félicitations de ses partenaires, s’est dirigé vers la tribune de presse et s’est planté devant les journalistes les mains dans le prolongement de ses oreilles. Le capitaine visait avant tout la Dernière Heure/Les Sports , comme il l’a signifié à nos confrères de Telenet dans une brève interview à la pause.

Le milieu argentin n’a pas apprécié les critiques de ces dernières semaines. Elles n’ont jamais dépassé le strict cadre sportif. Comme pratiquement l’ensemble de la presse belge, notre rédaction estime que l’apport de Biglia n’est plus aussi important que par le passé. John van den Brom, lui-même, n’a pas hésité à aller dans le même sens en soulignant ses manquements sur phases arrêtées et, plus récemment, dans sa communication en tant que capitaine du Sporting. “Je suis habitué à quelqu’un qui parle plus dans ce rôle” , avait-il dit.

Hier soir, Lucas Biglia n’a d’ailleurs pas réagi en bon capitaine en venant provoquer les journalistes à la Samir Nasri, les insultes en moins. Après avoir débloqué la situation en inscrivant son premier but depuis le 18 mars 2012, il avait déjà apporté une réponse, même si on l’attend plus dans des rencontres à la hauteur de son talent, comme mercredi à Saint-Pétersbourg par exemple.

Visiblement toujours remonté après ce coup de sang, l’international argentin était à l’assist sur le deuxième but anderlechtois. Une passe en profondeur tranchante que Jovanovic, d’un joli ballon piqué au-dessus de Clepkens, envoyait au fond. Une manière pour le Serbe de rattraper son incroyable loupé de la première mi-temps où, après un superbe travail technique de Praet, il n’avait pas sauté assez haut pour marquer alors qu’il était un mètre devant le but vide.

De ce match disputé au petit trot, ce qui était largement suffisant pour vaincre une très faible équipe waeslandienne, on retiendra encore deux choses : la prestation en demi-teinte de De Sutter, incapable de convertir deux grosses possibilités et visiblement en difficultés sans la présence à ses côtés de Mbokani, et les entrées au jeu de trois éléments en manque de temps de jeu depuis plusieurs semaines : Molins, Juhasz et Vargas.

Une manière pour John van den Brom de leur envoyer un signal après leur prestation loupée en Coupe de Belgique contre Boussu Dour. Le Néerlandais ne les oublie pas et sait qu’il en aura probablement besoin dans les semaines à venir vu le rythme infernal qui attend les Anderlechtois jusqu’à la trêve hivernale. Par la même occasion, le coach permettait à Bruno, Kouyaté et Praet de souffler un peu avant le long déplacement européen en Russie, prévu dans la journée de lundi.

Proto; Gillet, Kouyaté (76e Juhasz), Nuytinck, Deschacht; Biglia, Kanu, Praet (80e Vargas); Bruno (56e Molins), De Sutter, Jovanovic.

Clepkens; Zennaro, Lardenoit, Belhocine, Blondelle; Dugary (62e Da Silva), Lepoint (79e Ladrière), Sibum, Farssi; Seoudi (63e Plut), Badash.

M. Bourdouxhe.

Nuytinck, Sibum.

36e Biglia (1-0), 69e Jovanovic (2-0).



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