Herman Van Holsbeeck croit à fond au titre: “En 2011, on a perdu Boussoufa. Maintenant, on récupère Suarez”

BRUXELLES Il a l’habitude, Herman Van Holsbeeck, de monter au créneau quand cela tourne moins bien pour son club. À la veille des playoffs, il a consacré plus d’une heure pour convaincre la DH que malgré la baisse de forme de son équipe, Anderlecht allait remporter son 32 e titre. “Je préfère avoir eu notre petit creux avant les playoffs” , dit-il.

Herman Van Holsbeeck, est-ce que votre équipe est prête pour ce dernier sprint final ?

“Ce matin, depuis mon bureau, j’ai regardé par la fenêtre pour suivre l’entraînement. Je me suis dit que nous avions beaucoup de talent sur le terrain, malgré nos joueurs suspendus. C’est aux joueurs – et surtout aux vedettes – de se lever et de se montrer.”

À qui pensez-vous en particulier ?

“À Mbokani, Jovanovic, Suarez, mais aussi De Zeeuw. Prenons son exemple. C’est dans ce genre de match que vous allez voir le Demy que tout le monde connaît de l’équipe nationale hollandaise. Quand on a 27 matches en équipe nationale, on a l’expérience pour ce genre de finale. Il est prêt à montrer qu’il veut rester à Anderlecht. Les gens oublient vite : Armenteros et lui nous ont offert le 2-2 à Bruges.”

En 2011, Anderlecht avait également terminé la phase classique du championnat à la première place.

“C’est la quatrième année de suite qu’on est premiers. Deux fois sur trois, on a gagné ce titre. En mars 2011, on a perdu notre monsieur 50 % : Mbark Boussoufa, qui nous a rapporté huit millions. La différence avec cette année, c’est qu’on récupère un joueur du top absolu, qui peut nous fournir d’énormes services dès lundi : Matias Suarez.”

Silvio Proto nous l’a dit : la Belgique entière veut qu’Anderlecht se casse la figure.

“C’est ainsi depuis que je suis ici, soit dix ans. Il nous faut un match référence pour faire taire tout le monde. Si possible dès le match de Genk. La saison passée, c’était notre troisième match, le 1-4 à Gand. Après deux journées de playoffs, nous n’avions plus que deux points d’avance, alors qu’on en avait douze d’avance après la phase classique du championnat.”

John van den Brom n’aime pas qu’on parle du passé.

“Ceux qui connaissent le système des playoffs commencent à calculer. Cela énerve le coach, et à juste titre. Oublions qu’en Belgique, on se prend une gifle en étant premier après trente matches et qu’on est boosté en étant parmi les poursuivants. On joue contre Genk, chez nous : on n’a pas d’excuses. Des quatre premiers matches, on en joue trois à domicile.”

Comment expliquer le creux d’Anderlecht ?

“Il y a toujours une baisse de forme pendant une saison. C’est normal que des jeunes comme Bruno et Praet, par exemple, ont un petit coup de pompe. Malgré cela, on n’a perdu que trois matches ! Et malgré le match incroyable de Gand et le but discutable, on n’y a pas perdu.”

Les suspensions n’arrangent pas Anderlecht.

“Permettez-moi de ne pas en parler. Je pourrais le faire, mais cela se retournerait contre moi.”

Vise-t-on plus Anderlecht, ou est-ce que les Anderlechtois sont trop agressifs ?

“Est-ce que Guillaume Gillet est un garçon agressif ? Soit : nous acceptons ce que les commissions disciplinaires décident.”

Tenez-vous compte d’un scénario catastrophe, Herman ?

“Non, ce serait une perte de temps. Et si on ne remporte pas ce titre, Anderlecht ne disparaîtra pas. Mais il est clair que pour les finances, une qualification directe pour la Ligue des Champions serait la bienvenue. Si on vend un gros joueur, on pourrait encore hausser notre budget.”



© La Dernière Heure 2013