Herman Van Holsbeeck fait le point avant la semaine finale du championnat

BRUXELLES Le record n’aura tenu qu’une semaine : après les 2.500 supporters venus le 1er mai, ce sont 3.500 fans qui ont suivi l’entraînement d’Anderlecht hier, autre jour férié et ensoleillé. Il faut dire que les Bruxellois avaient, une fois n’est pas coutume, troqué le centre de Neerpede pour le stade, plus apte à recevoir une telle foule. Un succès qui a ravi Herman Van Holsbeeck. “Cela veut dire beaucoup, surtout pour les joueurs”, dit-il. “On sent que quelque chose vit ici.”

Pensez-vous que le dernier entraînement ouvert, avec le monde mais aussi l’incident des trente supporters mécontents, a aidé le groupe à battre le Standard ?

“Je n’ai en tout cas pas eu le sentiment d’avoir déjà connu une telle osmose entre le public et les joueurs lors d’un match. Même s’il a fallu le temps pour que le premier but tombe, les fans sont toujours restés derrière leur équipe. Cela a fait un bien fou aux joueurs. On a souvent tendance à moquer le public anderlechtois mais il a montré que c’était un vrai douzième homme.”

Pour la première fois depuis longtemps, les vedettes du Sporting ont fait la différence.

“C’est vrai, mais elles essayaient de le faire depuis longtemps. Prenez Suarez. Il manque juste de rythme. Là, il revient à son meilleur niveau. Pareil pour Mbokani. Il a connu une période plus difficile, mais il est revenu au top au bon moment. Je n’oublie pas non plus un garçon comme Bruno qui a beaucoup joué mais qui continue à sortir de grosses prestations, comme face au Standard.”

N’y a-t-il quand même pas d’autres explications pour justifier ce début des playoffs totalement loupé ?

“Si, bien sûr. Quand tu arrives vers la fin de la phase classique, tu commences à calculer en divisant tes points et donc ta belle avance sur la concurrence. Même s’il était prévenu, je voyais bien que cela jouait sur les nerfs de John van den Brom. Et quand tu ne gagnes pas ton premier match, alors ça devient difficile et stressant.”

Avez-vous paniqué ?

“Je n’irais pas aussi loin, mais après la défaite à Waregem, on s’est quand même un peu demandé ce qu’il se passait. On a alors fait des analyses internes. Mais regardez, Zulte-Waregem a prouvé que la première place était compliquée à gérer. Il faut apprendre à vivre avec cette pression et Anderlecht y est habitué.”

Depuis, vous engagez John Troost, un psychologue néerlandais.

“Il a eu un apport positif et on a écouté ce qu’il pouvait proposer comme idées. Mais le véritable homme-clef, c’est John van den Brom. Si tu n’es pas capable de changer l’état d’esprit du groupe toi-même, tu peux engager autant de gourous que tu veux et ça ne changera rien.”

La réception du Standard était-elle l’un des moments les plus importants depuis votre arrivée au Sporting, il y a dix ans ?

“Le Standard restait sur une magnifique série, mais je ressentais une certaine sérénité dans le groupe. Maintenant, attention : il reste encore trois finales. Il ne faut pas croire qu’on va se promener à Genk dimanche. Cela pourrait être mon sixième titre avec Anderlecht mais il n’est pas encore dans la poche, hein !”

© La Dernière Heure 2013