Vincent Kompany arrête de parler et éclate de rire. Un confrère de la télévision néerlandophone vient de lui suggérer qu’Anderlecht avait peut-être encore une chance de jouer le titre. "On pense à Saint-Trond, les gars", lâche-t-il, hilare.

Le T1 d’Anderlecht est devant le plus grand défi de sa jeune carrière. Plus grand que battre Bruges à domicile ou son ex-mentor Vercauteren au Bosuil. Il doit transformer son noyau abonné aux mauvaises surprises en une équipe capable de gérer la pression d’un match couperet.

Son expérience pour combler l’inexpérience

Son secret ? Son vécu de grand champion. "Je transmets mon expérience", répète-t-il. Des rencontres décisives, il en a connu des tas sous la vareuse de Manchester City et des Diables. Il sait parfaitement ce qui peut tourner dans la tête d’un jeune joueur au moment d’aborder un tel match. "Étant d’un naturel tranquille, j’essaie de les influencer dans ce sens. J’ai tout fait pour créer une bulle autour d’eux pour qu’ils se concentrent sur leurs tâches sur le terrain et qu’ils ne commencent pas à lire les journaux et s’y voir en photo (rires)."

Beaucoup, vu la jeunesse du groupe, n’ont jamais connu un match d’une telle importance. "Leur apprentissage passe par là. Aujourd’hui, ils jouent un match clé pour les playoffs 1, demain ce sera peut-être une finale."

Il ne suivra pas le résultat d’Ostende

Gagner est synonyme de playoffs 1 mais aussi d’un grand pas vers un retour à la norme anderlechtoise qu’est la Coupe d’Europe. "Les trois étoiles au-dessus de notre logo n’ont pas été dessinées par un chouette designer", sourit encore Kompany. "Elles traduisent l’Histoire et les grandes attentes du club. Les ambitions du Sporting restent hautes malgré le budget."

Le technicien veut d’ailleurs s’ancrer dans cette lignée dans son approche du match. Il a d’ailleurs affirmé ne pas vouloir être tenu au courant du résultat d’Ostende, seule équipe encore capable de dépasser Anderlecht.

"Pour faire quoi ? Jouer en bloc bas n’est pas notre fort. Nous respecterons Saint-Trond, dont nous avons analysé les points forts et les points faibles, mais nous jouerons comme nous l’avons fait ces dernières semaines. Nous sommes défensivement bons grâce à notre envie de jouer offensivement. Nous mettons la pression et posons des difficultés à franchir la ligne médiane. C’est notre manière de défendre."

Un onze de base et une solution face aux blocs bas

Pas question donc d’attendre dans son camp et de se contenter d’un partage. "Si je change mon approche, je me dirai dans dix ans que j’ai commis une erreur en tant que jeune coach."

La confiance que dégage Kompany est liée aux bons résultats mais aussi à deux éléments. Il a trouvé un onze de base stable et équilibré ("si les joueurs prouvent à l’entraînement, je ne vais pas leur retirer ce qu’ils méritent") mais aussi une manière de franchir les blocs adverses. "Des choses ont changé. Nous avons eu des soucis mais nous nous sommes adaptés."

À l’image de ce qu’il recherche pour ses joueurs, il suit le chemin qu’il s’est lui-même tracé. Le match de dimanche donnera le ton entre une première saison réussie et un examen de rattrapage. Prophète, Kompany dit avoir pressenti ce qui se passe. "Personne ne pouvait prévoir une telle saison en Pro League mais je savais qu’on serait encore dans la course aux playoffs 1 jusqu’au dernier match. C’est le cas. On doit maintenant prendre nos responsabilités."