Yannick Bolasie, le nouvel homme fort d’Anderlecht, a réalisé un exploit que n’a jamais atteint son pote Lukaku.

Yannick Bolasie note tout ce qu’il fait dans un petit carnet. Ce qu’il mange autant que ses performances sportives. Il attendait depuis 1 184 jours pour griffonner sur une page blanche un doublé en match officiel.

Il se souvenait parfaitement de sa dernière fois. "Contre Newcastle avec Crystal Palace", assure-t-il.

Les Londoniens l’avaient emporté 5-1 et Bolasie avait évolué en pointe.


À quel point ces buts vous font du bien ?

"Ça va me donner davantage de confiance. Je suis encore en plein travail pour revenir de ma blessure (NdlR : déchirure des ligaments croisés du genou) et je pense qu’Anderlecht est la meilleure plate-forme pour retrouver mon niveau."

Vous n’êtes pas encore à 100 % de vos capacités ?

"Pas comme je le voudrais en tout cas ! Je mets encore de la glace sur mon genou après les matchs. Par pure précaution."

Nous avons l’impression que vous commencez à vous faire au football belge…

"C’est un processus d’apprentissage pour moi. Je m’habitue doucement à la manière de jouer. Mes équipiers commencent à piger comment me donner le ballon. Plus nous jouons ensemble, plus ça clique. On a de terribles joueurs comme Sven (Kums) ou Yari (Verschaeren). Nous avons vraiment un bon groupe. Je m’amuse bien sur le terrain. J’adore jouer avec les gars. On commence à bien se trouver. Nous avons aussi créé un fort sentiment de collectif et je suis content d’en être."

Comment expliquez-vous ce doublé ?

"Par la chance. J’ai été chanceux et j’aurais même pu marquer plus. La balle est venue à moi et j’ai marqué."

Il en faut quand même plus que ça !

"Oui, il faut être là au bon endroit au bon moment. J’essaie d’être dans le rectangle le plus souvent possible car nous avons beaucoup de qualité sur les flancs."

Sur votre premier but, on se serait cru en Premier League…

(sourire) "Je vise toujours le deuxième poteau. Tout simplement car quelqu’un peu dévier ma frappe et la pousser dedans. Ici, c’est rentré direct. Je suis content de marquer mais déçu de ne pas avoir gagné. On a dû courir après le score et ce n’est pas facile. Je suis par contre content du fait qu’on ait su dominer le match et qu’on ait bien joué en équipe."

Le niveau de jeu d’Anderlecht évolue bien ces dernières semaines…

"Il faut attaquer les trois prochains matchs comme ceux de l’Antwerp et de Bruges. Il faudra être à fond. Si nous ne performons pas, il est possible de ne pas atteindre les playoffs I mais, vu ce que j’observe, je ne l’imagine pas."

Romelu Lukaku vous a-t-il briefé avant le match ?

"Je lui parle tous les jours. Samedi, il m’a téléphoné durant une heure pour m’expliquer à quel point le match était important. J’étais parfaitement au courant de ce que cette série historique signifiait pour Anderlecht. Vingt ans… C’était beaucoup de pression pour nous."

Vous avez marqué plus que Romelu depuis le début d’année…

"Arrêtez hein, ce gars est une légende !"

Mais il n’a jamais marqué de doublé contre Bruges…

"Oh waw, donc je le bats à ce niveau-là. Je vais lui dire."

Everton vous suit ?

"Je ne sais pas. Je fais juste mon truc. Pour moi et pour ramener Anderlecht au niveau qui est le sien. Je ne vais pas trop en dire car je ne veux pas me porter la poisse."

En tout cas, les fans vous adorent déjà !

"Ils montrent vraiment leur soutien. J’espère encore les impressionner. Avec des victoires."

Vous verrez que l’ambiance sera moins excitante à Lokeren…

"Je viens du monde semi-pro où je jouais devant 100 personnes. Il y a quand même plus de monde que ça à Lokeren ?"

Oui !

"Alors ce n’est que du bonus ! (rires) "