Des Diables Rouges au cas Vanden Borre

BRUXELLES Franky Vercauteren trouve essentiel l’utilisation d’un coach mental.

Du côté d’Anderlecht, on te reprochait d’être trop professionnel, trop exigeant…

“Pourquoi ? Parce que j’ai fait appel à un coach mental, que j’ai instauré des séances vidéo ou que j’imposais des mises au vert et des règles strictes pour l’alimentation ? Tout cela était utile. Du moins à mes yeux. Mais j’aurais simplement dû plus appréhender que les joueurs n’aiment pas être mis devant le fait accompli.”

Le coach mental, était-ce vraiment une bonne idée ?

“Une idée essentielle. Le club qui, aujourd’hui, ne fait pas appel à un coach mental a une guerre de retard. De notre expérience au Sporting dans ce domaine, tous les joueurs, j’en suis certain, ont gardé plus de positif que de négatif.”

Et toi, de ton expérience à Anderlecht puis avec l’équipe nationale, as-tu gardé plus de positif que de négatif ?

Ces deux expériences m’ont fait du bien. Elles m’ont en effet permis de m’améliorer.”

Les Diables, c’est toi qui as choisi de partir ou on t’a chassé ?

“C’était mon choix.”

Pourquoi ?

“Parce que je ne m’y retrouvais plus. Je n’étais plus moi-même dans cette ambiance.”

À cause des joueurs et de leur manque de discipline ?

“Même pas. Tout simplement par le fait que ces joueurs savaient que ce n’est pas moi qui resterais à la tête de l’équipe pour la campagne suivante et qu’eux, en prime, n’avaient plus de motivation pour les deux rencontres à disputer, puisqu’ils se savaient éliminés. Donc je sentais bien qu’à leurs yeux, je n’étais qu’un intérimaire et de moi-même, dès lors, j’ai dit stop.”

Je me trompe ou tu es devenu plus humain ? Je m’en réfère au cas Vanden Borre. Sois sincère, il y a quelques années, tu n’aurais pas accepté de le reprendre comme tu viens de le faire à Genk…

“Comme entraîneur, tu es toujours en recherche d’un renfort. Pour le cas d’Anthony Vanden Borre, le dernier jour des transferts, on m’informe qu’il veut et peut signer à Genk. Or, jamais, avant ce jour-là, son nom n’a figuré dans la liste des candidats potentiels. Tout simplement parce qu’on n’a jamais imaginé qu’il accepterait, surtout financièrement, de venir jouer dans un club du statut de Genk.”

Et tu as dit oui sans hésiter ?

“C’est logique. Quand tu regardes notre noyau et que tu apprends que Vanden Borre veut venir, tu dois en effet dire oui, car c’est un titulaire en puissance. Avec ses qualités, dans le football belge, il est évident qu’il a sa place ici ou ailleurs. Donc, au niveau purement sportif, tu ne dois même pas te poser la question de savoir si tu vas dire oui ou non. Vient alors l’autre question. Son mental. Mais là je me suis dit que je le connaissais, je savais comment comment le gérer. Même si sur le terrain, comme je ne cesse de lui répéter, c’est lui qui doit le faire. Là je ne peux plus l’aider....”

L’as-tu préparé mentalement pour vendredi ?

“Non, car il ne sait pas encore si oui ou non il va jouer. Le seul match, jusqu’ici, où je l’ai préparé mentalement, c’est le Standard. Car une semaine avant le match, je lui avais dit qu’il jouerait. Pour vendredi, il sait l’heure qu’il est...”



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