Des milliers de sympathisants ont fait fête à leurs héros devant l’Hôtel de Ville

En ce jour d’allégresse, même les Genkoises n’ont pas fait assaut d’élégance.

Sur le piétonnier qui bute sur l’Hôtel de Ville drapé de bleu et de blanc, les maillots “Kampioen” se déclinent dans tous les modèles. Certains ont même poussé la ferveur jusqu’à se parer de l’écharpe du club, bien incongrue en ce temps estival.

Sur le parvis en pente douce, une sono installée sur le podium fait patienter les premiers arrivés. Elle chauffe doucement une ambiance terriblement bon enfant. Même la perle du Limbourg , la bière de la région, fait moyennement recette.

Qui sont les héros préférés?

Ce supporter reflète-t-il l’opinion générale lorsqu’il énonce: “L’homme du titre, c’est Courtois. Sans ses trois saves de classe mondiale, tout à la fin de la finale, le Standard l’aurait emporté 1-3. Et si Carcela était resté au jeu, le Racing aurait peiné davantage encore. Carcela a rendu la vie dure à Mavinga. Pourtant, le Français est un des joueurs que je préfère: c’est un grand talent, rapide et généreux. Il est l’auteur bien involontaire d’un regrettable accident.”

Un autre fan se lance: “De Bruyne? Il a alterné les hauts et les bas. J’aime beaucoup Matoukou. Mais n’oublions pas Barda!”

Un troisième l’interrompt: “L’équipe a grandi au fil de la saison. Au début, elle n’était pas bonne. L’artisan du succès, c’est Vercauteren. C’est un tout bon entraîneur! J’espère qu’il va rester trois ou quatre ans encore, chapeauté par la même direction.”

Le parvis est noir de monde. Le timing n’est pas respecté, comme toujours, mais les supporters s’en moquent. “Waar is da feestje? Hier is da feestje”.

Les joueurs se présentent enfin à l’Hôtel de Ville. Ils sont souriants, décontractés, heureux. Ils n’ont pas l’air d’avoir passé une folle nuit. Aucun cerne n’accuse le manque de sommeil: “Nous avons fêté, nous nous sommes bien amusés mais nous sommes restés sages” , assure Éric Matoukou, toutes dents dehors.

Thomas Buffel n’est pas le moins heureux. Pour rien au monde, il ne rendrait le ballon du match qu’il a conservé au coup de sifflet final: “Je ne l’ai pas volé”, se marre-t-il. “De Bruyne m’a adressé un bon service. Il se fait que c’était la dernière passe avant le coup de sifflet final. Ce ballon, je le conserverai en bonne place dans mon intérieur. Si je devais le céder un jour, ce serait à un vrai ami!”

Le Brugeois du Racing Genk est un joueur chevronné. Il a déjà vécu de grands moments dans sa carrière. Celui-ci tiendra une place à part: “Ce fut une soirée extraordinaire. La communion avec les supporters m’a donné la chair de poule. Je ne suis pas rapidement ému, mais j’ai vécu, mardi soir, une des plus grosses émotions de ma carrière.”

Les joueurs ont écouté – par moments – le – long – speech du bourgmestre de Genk, Wim Dries. “Le Racing a écrit l’histoire de Genk. Dans la ville, tout le monde, aujourd’hui, est racingman. Jusqu’à mardi soir, trois clubs seulement lors de ces cinquante dernières années, avaient été champions à trois reprises: Anderlecht, Standard et Club. Genk vient de se joindre à eux.”

L’édile ajoute: “L’entraîneur est notre meilleur transfert. S’il était sacré entraîneur de l’année, Vossen meilleur joueur et Courtois meil-leur gardien, ce serait justice!”

Un Courtois que Schalke a suivi attentivement...

Les joueurs apparaissent enfin sur le podium.

Genk, en délire, se pâme...



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