Au fil des minutes, dans une piètre deuxième mi-temps, la colère des supporters est montée crescendo. La défaite, sans révolte, a éteint les espoirs européens d’un Mambourg dégoûté. En fin de match, les supporters ont exigé que Mehdi Bayat vienne s’expliquer au pied de la T4. Ce que l’administrateur délégué a fait, mégaphone en main. Les reproches ont été nombreux, notamment sur le manque d’anticipation du mercato. Les joueurs, eux, après le discours rassembleur d’Edward Still au milieu du terrain, ont été timidement les applaudir avant de rentrer tête basse vers le vestiaire.

Les supporters ne sont-ils pas trop vite trop exigeants, trop durs, compte tenu de la concurrence plus riche et plus prestigieuse ? "Je ne dirais pas qu’ils sont trop exigeants, disait Ken Nkuba après le match. Ils ont encore fait leur travail de supporters en nous encourageant. On a perdu, ils ont le droit de se plaindre et de le faire savoir."

Daan Heymans, lui aussi, comprenait leur frustration, mais avait un raisonnement plus large. "Ils attendaient qu’on batte enfin une équipe du top mais, d’un autre côté, on doit être réaliste. Charleroi a raté les playoffs la saison passée et, cette année, on y est. Mais Charleroi n’a pas le budget du FC Bruges, d’Anderlecht, de Genk, Gand ou encore de l’Antwerp. Notre première mi-temps était bonne, à Malines aussi. Quand on gagne, on est les meilleurs du monde, et quand on perd, on est considéré comme nuls. C’est le football…"

La tension est finalement retombée mais la déception sera lourde à digérer. Et ce n’est pas comme ça que Charleroi parviendra à augmenter son assistance à domicile.