Ce samedi 9 septembre, la DH se pare de rayures et se met à l'heure carolo ! 14 pages spéciales dans son édition Charleroi afin de fêter la plus grande ville wallonne. Acteur politique, sportifs, artistique, du monde de l'entreprise... Tous témoigneront de ce processus de refondation qui se poursuit. Bonne lecture !

Pour la DH, Mehdi Bayat et Fabien Debecq, les deux hommes forts du Sporting de Charleroi, ont ouvert leur boîte aux souvenirs…

Quel est votre meilleur souvenir durant ces cinq ans ?

F. D. : "Notre première qualification pour les playoffs 1."

M. B. : "Pour moi aussi, c’était le plus intense. C’était tellement inespéré. C’est tombé sur le tard lors des deux derniers matchs avec un terrible scénario. Je me souviens qu’un magnifique but de Julien Sart avec le Standard contre Genk (1-0) a changé la donne. On est passé devant Genk pour rejoindre les PO1 ."

Et votre pire souvenir ?

F. D. : "La première année à la tête de Charleroi. On éprouvait toutes les peines du monde à gagner des matchs, surtout à domicile. On encaissait souvent en fin de matchs, on était maudit. C’était l’ anti-Felice Time ."

M. B. : "Dans ma vie au club, le pire, il vient de se passer avec la perte de Jean-Noël Antoine (NdlR : fidèle serviteur du club qui travaillait pour la webteam du Sporting) , quelqu’un qui était à mes côtés au club depuis plus de quinze ans. Quand je l’ai appris, cela m’a fait un choc."

F. D. : "Jean-Noël était un grand monsieur et c’est une perte sèche pour le club."

Votre plus grande émotion ?

M. B. : "Cela reste cette qualification pour les playoffs 1, je pleurais comme un bébé dans les bras de tout le monde."

F. D. : "Il y a cela, mais aussi lors de je ne sais plus quel match, je me rappelle un regard de satisfaction et de joie de Mehdi, car l’assistance et l’ambiance étaient revues en T4 . D’un simple regard, on s’est compris. Notre public poussait l’équipe et c’était une vraie émotion de voir cela."

La plus grande déception ?

F. D. : "Peut-être avoir raté les PO1 l’année après notre première participation. Ou ne pas encore avoir gagné la Coupe de Belgique."

M. B. : "Comme dirigeant, j’ai surtout eu de petites déceptions lors de négociations avec des joueurs."

Ce que vous referiez identiquement ?

F. D. : "Le rachat du Sporting. La reprise du club avec Mehdi, c’est plus que du financier, c’est quelque chose de très profond. Quand nous serons très vieux, on se rappellera notre folie de reprendre un club qui était vraiment très mal."

M. B. : "Tout. Quand je vois où on se trouve maintenant. En changeant quelque chose, j’aurais trop peur que cela ait d’autres incidences sur le développement du club."

Ce que vous feriez différemment ?

F. D. : "Rien de spécial."

M. B. : "On peut toujours se dire qu’il y avait moyen d’améliorer l’une ou l’autre chose. Mais il faut regarder dans la globalité. L’important, c’est que notre ligne de conduite est respectée et appréciée. Tout le personnel du club s’est approprié le projet 3-6-9 de développement du Sporting. Notre projet, c’est celui de tout le monde et c’est cela qui est agréable à voir."

En cinq ans, quel est le match le plus fou ?

M. B. : "Il y en a eu quelques-uns, mais, finalement, je pense que ce dernier Charleroi-Zulte était quand même extraordinaire."

F. D. : "Extraordinaire, mais pas capital."

M. B. : "Il a marqué l’histoire du club avec ce 15 sur 15."

F. D. : "Je suis d’accord et j’espère qu’on va encore marquer l’histoire du club dans l’avenir."

Votre décision la plus folle ?

F. D. : "Reprendre le club."

Le plus gros sacrifice ?

F. D. : "C’est surtout pour Mehdi. Il a un peu délaissé sa famille."

M. B. : "C’est un choix personnel. Je fais tout pour que cela se passe bien avec ma femme. Il ne faut pas oublier que je suis jeune papa aussi."

Le meilleur joueur des cinq dernières années au Sporting ?

M. B. : "Difficile de répondre à cette question. Sur la période où le joueur évoluait à Charleroi, je dirais Kebano. Il pouvait à lui seul changer le résultat d’un match. C’est l’année où nous nous sommes qualifiés pour la première fois pour les PO1 . Notre qualification a été liée au réveil de Kebano qui à partir d’octobre est devenu titulaire."

F. D. : "Moi je voudrais mettre en avant Javier Martos."

M. B. : "Lui, c’est une autre histoire, c’est l’âme de l’équipe."

Votre meilleur transfert ?

M. B. : "Le joueur le plus rentable de l’histoire du Sporting depuis que je suis au club, c’est Javier Martos. Il est titulaire depuis qu’il est là, il n’est jamais blessé et n’est jamais malade."


"Dissocier QNT et ma fonction à Charleroi"

Le président Debecq a donné une explication au fait que sa société, QNT, soit présente sur les panneaux publicitaires au Standard : "À partir du moment où je travaille dans les compléments alimentaires sportifs, évidemment que le football est touché. Si le Standard a choisi de sélectionner la gamme QNT qui m’appartient, je ne peux pas fermer la porte car mon statut de dirigeant d’entreprise et de président de Charleroi sont deux choses bien différentes. Nous vendons nos produits sur tout le territoire belge. À partir du moment où je peux avoir une visibilité du côté de Liège où j’ai beaucoup de clients, beaucoup d’enseignes, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas me positionner. Ma société n’a pas mis beaucoup d’argent au Standard. On est plus dans l’échange entre des produits et une visibilité publicitaire."


"Paul Magnette a fait du bien"

Les deux dirigeants carolos prédisent un bel avenir à la ville de Charleroi et sa région…

Figures incontournables de Charleroi, Fabien Debecq et Mehdi Bayat ont bien évidemment évoqué leur ville…

" Je remarque une évolution impressionnante depuis l’arrivée de Paul Magnette , explique le président du Sporting. Notre ville a souffert. Quand j’étais jeune, c’était plaisant de se promener à Charleroi. Ces dernières années, on a perdu de cette chaleur. Mais avec le travail de Paul Magnette et son collège, je commence à sentir cette chaleur revenir. Il y a encore du travail et tout ne va pas changer d’un simple coup de baguette magique, mais j’y crois. Dans quelques années, on parlera en bien de Charleroi en dehors de nos frontières."

Mehdi Bayat voit aussi en Charleroi, une ville qui brillera dans un avenir pas trop lointain : "J’ai connu cette ville il y a quinze ans et j’ai vite été proche des gens, car comme délégué commercial j’arpentais les rues, j’allais voir les investisseurs. J’ai rencontré des personnes extraordinaires, à l’image de Fabien. Je pense être devenu un ambassadeur de Charleroi. Au quotidien, je mets en avant cette image d’une ville qui revit. Je le fais avec plaisir, car je crois en cette région. On est devant une plate-forme économique formidable. La croissance possible à Charleroi, elle n’existe nulle part ailleurs en Belgique dans une ville de la même taille. Ce qui a pénalisé la cité carolorégienne pendant des années devient son point fort aujourd’hui, car il y a encore tout à faire ici et tout est en train de se faire. Quand tu vois Rive Gauche , Mediasambre , les différents projets de la Ville-Basse… Tout cela va permettre d’avoir dans les années qui viennent une ville de Charleroi métamorphosée. On a tous un rôle à assumer et nous l’assumerons au Sporting. On a un rôle de politique participative dans la vie quotidienne de notre ville. Je le répète souvent à nos partenaires, nous devons tous travailler main dans la main pour continuer à faire grandir notre ville parce que ce sera bénéfique pour tous les acteurs économiques de la région."


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