En sept mois, le président carolo a réussi à remettre le Sporting sur les rails du succès

CHARLEROI Fabien Debecq, c’est l’exact inverse d’Abbas Bayat. Celui qui est président du Sporting depuis 7 mois maintenant est discret dans les médias, calme en tribune, proche du tissu économique carolo et non-intrusif dans sa façon de gérer le club. Avant le début des playoffs 2, il nous a accordé un entretien exclusif de plus de 3 heures. Fabien Debecq sait exactement où il veut mener le club, difficile dès lors de le déstabiliser…

Président, quelles sont vos attentes pour ces playoffs ?

“Le maintien est arrivé plus rapidement qu’espéré. Cela nous offre donc une bonne bonbonne d’oxygène afin de préparer l’avenir. Une fois que le maintien a été mathématiquement acquis, on a vu énormément de qualité dans le jeu proposé. C’est très valorisant pour les joueurs et les supporters et cela nous procure donc de l’espoir afin de réaliser de bons playoffs.”

Il y a maintenant 7 mois que vous avez repris le club. Êtes-vous toujours certain d’avoir pris la bonne décision ?

“Le milieu du foot est un milieu particulier. Mais mon travail au quotidien ne consiste pas à m’occuper du sportif mais à gérer le club comme une entreprise qui doit s’autofinancer le plus rapidement possible. On doit dégager des bénéfices afin de les réinjecter au plus vite dans des joueurs de qualité et toutes les autres choses nécessaires afin que le Sporting continue à grandir. C’est ça mon métier ! Le sportif, je le laisse à Mehdi. Il accomplit cette tâche avec beaucoup de qualité et d’enthousiasme.”

Qu’avez-vous déjà appris du monde du foot ?

“Je commence à m’y sentir à l’aise. J’y ai déjà rencontré beaucoup de personnes sympathiques et ouvertes. Évidemment, je dois encore apprendre à m’occuper du club. Mais je suis un autodidacte né et tout se passe très bien. Et puis, n’oubliez pas qu’avant d’être le président du Sporting, j’y ai été sponsor pendant 10 ans. C’est la preuve que j’aime le foot !”

Le gros point positif depuis votre reprise du club, c’est que le tissu économique carolo croit en votre projet.

“Ça sera un des facteurs principaux de la réussite. Je vous avoue que je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant d’engouement et d’optimisme de la part des chefs d’entreprise de la région. Lors de chaque match, on sert entre 200 et 400 repas dans les business seats. Maintenant que le maintien est là, tout s’accélère encore…”

Les chefs d’entreprise aiment votre sens de l’accueil et votre volonté d’aller vers eux. Tout ce qu’Abbas Bayat n’aimait pas…

“De ma part, c’est absolument naturel. J’aime le contact avec les gens et il me semble normal d’aller saluer les personnes qui viennent au stade. Mais arrêtez de me comparer à Monsieur Bayat. Vous croyez que je pense à lui au quotidien dans ma façon de gérer le club ? La cassure est faite maintenant.”

L’ombre au tableau, c’est que les supporters ne suivent pas encore en masse.

“Pour un club de D1, c’est vrai que notre assistance est un peu faible. J’espère de tout cœur que le nombre de supporters va s’accroître dès la saison prochaine car un club a besoin de ses fans pour grandir.”

Quelles seront vos ambitions l’an prochain ?

“D’abord se maintenir. Notre rêve est de regarder le plus loin possible et d’offrir du foot de qualité aux supporters. Mais restons raisonnables, une dixième place serait déjà bien…”



© La Dernière Heure 2013