La direction de Charleroi est énervée, très énervée. Elle n’accepte pas les débordements qui se sont déroulés à Saint-Trond et qui ont conduit l’arbitre à devoir stopper la rencontre durant 4 minutes suite à l’énorme dégagement de fumée qui s’est produit après un craquage de fumigènes.

"On va convoquer les groupes de supporters dès la semaine prochaine," annonce Pierre-Yves Hendrickx. "On a beaucoup travaillé avec nos supporters. On est d’ailleurs enchanté de leur comportement et des animations qui sont mises en place à domicile. Mais ce genre de dérapage en déplacement n’est pas tolérable ! On va leur rappeler fermement."

Car la santé de plusieurs supporters a été mise en danger samedi soir. Des supporters de Charleroi, victimes d’intoxication suite aux fumées, ont dû être emmenés vers un hôpital trudonnaire. Sans gravité, heureusement ! Et on ne parle même pas du risque de brûlure qui survient lorsque des feux de bengale, dont la température peut atteindre 800 degrés, sont allumés au milieu d’une foule compacte.

La santé des supporters, c’est évidemment la priorité. Mais le Sporting va également être sérieusement touché dans son portefeuille suite à ces actes. Le nouveau règlement de la Pro League est on ne peut plus clair : si un arbitre doit interrompre une rencontre suite au comportement des supporters, le club en cause se voit infliger une amende de 25.000 euros, au minimum. "On va essayer de se défendre. Mais je vois mal comment on pourrait y échapper."

Voilà pour la sanction de la Pro League. Mais le Sporting pourrait également être poursuivi par la Commission des Litiges de l’Union belge.

"On va être convoqué dans les 2 à 3 semaines, une fois que les rapports du match delegate et de l’arbitre auront été analysés."

D’autres sanctions pouvant aller jusqu’au match à huis clos sont donc à craindre. Heureusement pour le Sporting, plus aucun sursis n’est en vigueur.

La Police est directement entrée en action au Stayen suite à ce craquage organisé. "Les spotters ont procédé sur place à l’arrestation de deux personnes qui ont été formellement identifiées."

Elles recevront une interdiction administrative de stade avant d’être jugées. "Et sur base de l’analyse des vidéos, d’autres fauteurs de troubles pourraient encore être reconnus."

L’ambiance et la passion ne doivent pas quitter les tribunes. Mais cela ne peut en aucun cas se faire au détriment de la sécurité et de la santé des supporters.


Fall : "Le banc ? Pas une sanction"

Réserviste à Saint-Trond, le Sénégalais doit digérer son excellent début de saison

Pour sa première saison en Pro League, il a impressionné, au point de faire oublier très rapidement le départ de Dieumerci Ndongala vers La Gantoise. Prêté au White Star, en D2, lors des trois dernières saisons, Mamadou Fall doit encore se familiariser avec les exigences du plus haut niveau. Lui qui a quasiment tout joué depuis le début de la préparation, lors des matches amicaux comme en championnat, connaît un petit coup de moins bien ces dernières semaines. Et il en est le premier conscient.

"Ma manière de jouer, c’est de tout donner tout le temps", expliquait le Sénégalais après sa montée au jeu à Saint-Trond samedi dernier. "Mais peut-être que cela me pénalise. Je dois apprendre à gérer mes efforts et à bien récupérer, si je veux conserver ma place."

D’une grande humilité, l’ailier était le premier à reconnaître que le choix de Felice Mazzù de le laisser sur le banc samedi était logique.

"Ces dernières semaines, on a vu que les montées au jeu des remplaçants faisaient beaucoup de bien à l’équipe. Que ce soit celle de Baby ou de Pollet. C’est normal de la part du coach de faire jouer la concurrence. Je ne prends pas du tout cela comme une sanction. Il m’a d’ailleurs expliqué qu’il était content de moi. Mais Amara a su se montrer décisif."

Alors que Fall , lui, n’a plus alimenté son compteur but ni assist depuis quatre rencontres.

"Je suis attentif à mes stats ", avoue-t-il. "Après 13 journées, je les trouve insuffisantes (1 but, 2 assists) . J’aimerais être plus décisif. Mais je sais que cela se joue parfois à pas grand-chose. Il y a aussi une part de réussite. Je garde ma motivation et la tête froide."