L’oncle et le neveu ne communiquent plus que par avocats interposés

CHARLEROI En octobre dernier, l’unité de façade s’est définitivement effondrée avec le C4 qu’a reçu Mogi Bayat de la part de son président.

Vous pouvez revenir un peu sur les conditions de votre licenciement à Charleroi ? Le président a-t-il mal digéré votre soutien à Jacky Mathijssen ?

“Il n’y a pas un motif particulier. Pendant des années, j’ai travaillé dans un certain contexte, j’ai protégé mon président, etc. À un certain moment, ma hiérarchie ne suivait plus mes recommandations et a donc décidé de mettre fin à mon contrat de travail, tout simplement. Le football est ainsi fait.”

Avez-vous encore noué des contacts avec Abbas Bayat, récemment ?

“Je n’ai plus de contact avec lui si ce n’est via nos avocats respectifs, pour les modalités économiques de notre séparation. Cela est mieux ainsi même si nous sommes de la même famille. Et, peut-être justement parce que nous sommes de la même famille, il est préférable de faire appel à des conseils.”

Abbas, est-il encore l’homme indiqué comme assurer la survie et la pérennité du club au plus haut niveau ?

“Vu qu’il est désormais en première ligne, je crois que le président, que je n’ai cessé de défendre pendant des années, se rend compte aujourd’hui qu’il n’est pas facile de gérer un club de football. Il faut tenir compte de paramètres tellement divergents : le sportif et le financier mais également la communication. Cela ne s’improvise pas et il faut acquérir de l’expérience et surtout absolument tenir compte du tissu économique et social local.”

Le Sporting pourrait-il survivre sans lui ?

“Personne n’est irremplaçable. Moi, lui. Tout est possible.”

Aujourd’hui, on a l’impression que le Sporting se retrouve de nouveau au même point qu’avant votre arrivée.

“Au moment de mon arrivée, les fonds propres étaient dans le rouge pour plus de huit millions € et le club était dans une situation de quasi faillite virtuelle. Le chiffre d’affaires a quasiment doublé entre 2004 et 2010. Le seul élément négatif, c’est le sportif.”

Il y a également la problématique du stade.

“Le Sporting a un bail avec la Ville. C’est à elle de lui trouver un stade viable.”



© La Dernière Heure 2010