Depuis le départ de Mogi Bayat, il est le numéro 2 carolo

CHARLEROI Cet été, il formait un quintette avec les frères Bayat, Mathijssen et Mommens. Il ne forme plus qu’un duo avec Mehdi... Pierre-Yves Hendrickx est, dans les faits, (re) devenu le numéro 2 du matricule 22. Entretien.

Comment avez-vous vécu tous ces départs ? Est-il facile de scinder l’amitié et la relation professionnelle ?

“Non car on ne travaille pas au quotidien pendant des années avec des personnes sans créer des liens.”

Comment voyez-vous l’avenir du club à court, moyen et long termes ?

“À court terme, il faut se sauver sur le terrain. À moyen et long termes, si possible toujours en D1 car cette ville le mérite, le public et le foot belge aussi. Mais il faut tout reconstruire et cela passe par le maintien. Sinon, on risque un scénario à l’Antwerp ou au Brussels. Ce serait galère et un beau gâchis...”

Quels regards portez-vous sur chacune des directions que vous avez servies ?

“MM. Elsen et Colson m’ont fait confiance dès 1992. On a grandi en D1 ensemble. Fin des années 90, M. Spaute a dû se résoudre à accepter que le sportif seul ne pouvait plus assurer l’avenir. Il a cherché en vain un appui financier extérieur. M. Bayat a alors sauvé le club mis en liquidation en 2000 avec le projet Scifo. Les premières années furent très difficiles financièrement et la Ville tentait de reprendre le contrôle. Quel stress et quelle ambiance pourrie ! M. Bayat a alors tout pris en charge et installé Mogi à la barre. On a travaillé jour et nuit aux quatre coins du pays pour régler certains dossiers. Puis Mehdi et Jacky sont arrivés et on a directement formé une équipe soudée et performante avec en point d’orgue une association de type Mogi-Jacky qui n’a plus jamais été de mise par la suite. On espérait recréer cela en juin 2010...”

Lors de la fronde interne suite au départ de Mathijssen, vous étiez aux côtés des frères Bayat. Le président ne vous en a-t-il pas tenu rigueur ?

“On avait vendu ce projet ensemble et on espérait que reformer le duo Mogi-Jacky allait relancer le club. Je me suis expliqué avec le président. La vie continue et il a demandé à Mehdi et à moi d’être proches du nouveau staff.”

On entend souvent que vous incarnez la continuité carolo au sein du club. Est-ce une fierté pour vous et cela n’est-il pas parfois un peu lourd à porter ?

“Je suis un pur Carolo ! Malheureusement, la ville est à l’image de son club actuellement : en déclin. Charleroi mérite de renaître. Il y a beaucoup de gens de qualité et entreprenants dans notre région, mais trop peu s’investissent dans notre ville et/ou notre club.”

Depuis le départ de Mogi, vous avez pris une nouvelle dimension en (re) devenant le numéro 2 du club dans les faits ? Êtes-vous d’accord avec ce constat et comment se porte l’organisation quotidienne ?

“On se partage désormais le tout en concertation avec Mehdi et en accord avec le président. Il n’y a pas de numéro 2, on est un club et il y a une équipe dirigeante qui travaille pour le bien de celui-ci. Chacun apporte sa part en fonction de ses qualités.”

Est-il possible de continuer à fonctionner ainsi ?

“La structure rechangera peut-être ou pas sous M. Bayat. Seul lui le sait. Quoi qu’il en soit, nous nous attelons à faire tourner le club au quotidien.”



© La Dernière Heure 2010