Le match Charleroi - Standard a été arrêté à cause du comportement de certains "supporters". Felice Mazzù n’a pas masqué son émotion après la rencontre.

Initialement, Felice Mazzù n’avait envie de parler que de la première période. "Je suis entraîneur, pas juriste", disait-il à nos confrères de la télévision.

Il a été quelque peu plus prolixe face à la presse écrite, dix minutes plus tard. Peut-être ému par rapport à tout ce qui venait de se passer, il s’est lancé dans une longue tirade. "En tant qu’entraîneur, je passe des heures à préparer une rencontre, comme Aleksandar Jankovic l’avait fait de son côté car je sais qu’il est très à cheval sur tout ce qui est préparation tactique. Mais après de tels événements, je n’ai plus envie d’entraîner", disait-il. "L’an passé, c’était déjà la même situation, au même endroit. Psychologiquement, mettez-vous à la place de mes joueurs, de mon gardien. Il reçoit des briquets, des pétards. Vous, pensez-vous que vous pourriez encore être dans votre match dans une telle situation ? Je voudrais vous voir avec quatre mille supporters dans votre dos. La dernière fois, les autorités n’avaient pas pris de décision. Le Standard avait eu un huis clos qu’il a pu placer quand cela lui convenait. Je vous le dis : quand je vois ça, je n’ai plus envie d’être entraîneur."

Sportivement, cette probable défaite ne semblait même pas trop le peiner. "Je préfère perdre trois points que nous aurions de toute façon perdus et que les instances prennent une décision."

Jankovic : "C’est parti pour une longue bataille juridique"

Comme à son habitude, Aleksandar Jankovic a réagi posément à tous ces événements qui pourraient bien le pénaliser sportivement. "Je suis satisfait de notre prestation mais à quoi bon puisque nous sommes désormais partis pour une longue bataille juridique", regrettait le Serbe.


Après la première interruption, le coach des Rouches a tout de même tenté de calmer ses propres supporters. "Ils m’ont respecté et écouté. Par la suite, il n’y a plus eu de problème. C’est vraiment dommage d’assister à de tels événements", ajoutait-il avant d’apporter un point de comparaison avec ce qu’il a déjà connu au cours de sa carrière de coach à l’Étoile Rouge de Belgrade. "En Serbie, les derbies, c’est très chaud. Que ceci ne soit pas mal pris mais en Serbie, cela commence dès l’échauffement et je n’ai encore jamais connu un derby serbe interrompu. La rivalité, c’est une chose, mais il faut que l’esprit sportif soit respecté."

Aleksandar Jankovic évoquait également les décisions prises en Grèce pour les duels entre le Panathinaikos et l’Olympiakos. "Lors de ces matches, les supporters adverses ne sont pas autorisés au stade. Que va-t-il se passer par la suite ? Je ne sais pas car je ne suis pas avocat. Je peux juste être fier de mes joueurs pour leur prestation."