La rencontre entre Charleroi et Zulte Waregem met aux prises deux coachs qui s’apprécient et se ressemblent.

L’un est wallon, l’autre est flamand. L’un a 51 ans, l’autre en a 59. Mais tous deux sont d’excellents entraîneurs. Depuis plusieurs années, Felice Mazzù et Francky Dury ont eu, maintes et maintes fois, l’occasion de se croiser. Ce sera encore le cas ce samedi, pour ce prometteur Charleroi - Zulte Waregem. Et comme à chaque fois, les deux hommes échangeront avec beaucoup de plaisir. Car ce n’est un secret pour personne : ils s’apprécient. "Nous avons une relation très cordiale", précise le T1 carolo. "À chaque fois que nous avons eu l’occasion de discuter, nous avons passé des moments agréables. J’apprécie Francky Dury et je me retrouve dans ce qu’il fait. Nous avons plusieurs points communs."

En voici quelques-uns…

Leur longévité

Francky Dury est à Zulte Waregem depuis 2011, Felice Mazzù depuis juillet 2013. Dans l’élite de notre football, ce sont les deux coachs qui sont en place depuis le plus longtemps. Cette longévité correspond bien à leur méthode de coaching, qui demande un vrai travail de fond et la pose de bases solides. "Le projet dans lequel Francky se trouve est un peu similaire à celui de Charleroi", précise Felice Mazzù. "Chaque année, il perd plusieurs joueurs mais il parvient à réinstaurer une dynamique nouvelle qui fonctionne." C’est également le cas du coach carolo, qui est toujours parvenu à trouver les ressources pour faire grandir son équipe, malgré les départs. Aujourd’hui, les deux hommes sont reconnus pour cela et incarnent, au sens propre, le club qu’ils entraînent. Et il ne fait aucun doute que le jour où ils partiront, ils laisseront un énorme vide…

Leur cote en Belgique

S’ils ont tous deux été cités à Bruges cet été pour remplacer Michel Preud’homme, ce n’est pas un hasard. En Belgique, Felice Mazzù et Francky Dury ont la cote. Il suffit de regarder les derniers classements des entraîneurs de l’année pour s’en convaincre. À chaque fois, les deux hommes sont proches de la première place. L’an dernier, ils ont même terminé deuxièmes ex-aequo, derrière Preud’homme lors de la remise du trophée Goethals (que Dury a remporté en 2012). "C’est flatteur évidemment", explique Felice Mazzù. "Mais l’important, ce sont les titres collectifs."

Leur finesse tactique

Mazzù est un adepte du 4-4-2, Dury, lui, préfère le 4-2-3-1. Mais s’ils assument tous deux leur préférence, les deux coachs sont également capables de varier les schémas tactiques. Mazzù l’a prouvé l’an dernier, en instaurant un 3-5-2 qui a offert les PO1 à Charleroi. De l’extérieur, Francky Dury est sans doute vu comme un entraîneur un peu plus conservateur. "Mais il est également capable d’être flexible", précise Mazzù. "Comme lorsqu’il fait entrer un deuxième attaquant ou lorsqu’il tente de jouer en 3-5-2 pour surprendre, comme cela avait été le cas l’an dernier contre Bruges."

Leur analyse cohérente

À l’interview d’après-match, Mazzù et Dury sont de bons clients pour les journalistes. Souvent, ils font preuve, même à chaud, de lucidité dans leur analyse. "J’aime la façon dont Francky analyse les rencontres", précise Mazzù. "Il arrive toujours à complimenter l’adversaire et ne trouve jamais que la victoire de l’adversaire est due à la chance. Il a une analyse cohérente et positive." Tout comme le coach zébré, avec qui Dury aura, une fois, l’occasion d’échanger dans la salle de presse du Mambourg, après le duel sur le terrain entre leurs deux équipes. En toute amitié.