Pour maintenir un dialogue avec les supporters, tout en respectant les règles sanitaires, Mehdi Bayat a assuré la tenue d’un Facebook Live ce mardi après-midi pour répondre aux interrogations des sympathisants. Le timing n’a évidemment pas été choisi par hasard. Après le brillant 18 sur 18 du début de saison, le Sporting vient d’enchaîner avec un médiocre 5 sur 21. Si on y ajoute l’impossibilité de se rendre au stade, on peut comprendre que le moral des fans n’est plus au beau fixe.

"Je fais toutes mes analyses en partant sur des périodes assez longues, pour tirer un bilan. On passe par une zone de turbulences, comme dans tous les grands clubs. Quels sont les résultats de Karim Belhocine à la tête du Sporting ? Sur les 29 journées de l’exercice 2019-2020 et les 13 de cette saison, l’équipe a empoché 77 points. Soit le deuxième meilleur total de Belgique, juste derrière le Club Bruges. C’est ça qui est important pour moi. On passe par une zone de turbulences, mais faut-il pour autant parler de malaise ou de doutes sur les qualités de notre entraîneur ? Certainement pas. Nous avons confiance en Karim Belhocine. J’ai eu une discussion hier avec les joueurs et ils sont motivés, prêts à en découdre avec Waasland-Beveren ce mercredi pour relancer une dynamique positive."

Comme tous les entraîneurs, les choix de Karim Belhocine sont décortiqués, critiqués. De là à renouveler publiquement sa confiance, cela peut sembler étrange, voire interpellant.

L’administrateur-délégué a avoué que l’élimination en barrages de l’Europa League avait fait mal aux joueurs, au staff et à la direction. Il a ensuite répondu aux questions sur le mercato entrant, peu rentabilisé jusqu’à présent. "Nous avons manqué de chance jusqu’à présent. Il y a plusieurs profils qui sont arrivés. Ivan Goranov venait pour apporter de la concurrence à l’arrière-gauche. Il s’est blessé de façon anodine à la cheville et sa blessure tarde à se résorber. Teodorczyk est arrivé blessé, on le savait. On était au courant. On a réglé un premier problème au niveau du pubis, puis une autre blessure est tout de suite survenue à la cheville (tendon d’Achille). Il reviendra très bientôt."

Et puis il y a le cas Flanagan. "Il est arrivé après la fermeture du mercato. A la base, on devait faire venir un jeune Algérien, dans le cadre d’un échange avec Marinos. Le transfert n’a pas été possible pour des raisons administratives. Pour avoir une doublure à Van Cleemput, dont nous sommes très satisfaits, nous avons signé Jon Flanagan, un joueur d’expérience. Il n’a pas joué depuis la saison passée et a besoin de temps pour revenir au niveau."

Ces éléments pourront améliorer le onze de base de Karim Belhocine. "Il faut être réaliste, il ne faut pas tout chambouler dans cette équipe. Le bilan des 42 matchs est plus important que celui des derniers. Il faut agir, mais pas de manière affolée. Il faut poursuivre dans la même dynamique."

Mehdi Bayat a ensuite affirmé qu’il était normal que l’équipe féminine éprouve des difficultés en Super League mais que l’équipe ne pouvait pas descendre ces trois prochaines saisons. "Nous allons mettre des moyens pour que cette équipe puisse concurrencer les meilleures formations de Belgique dans les trois ans."

Pour les abonnements, pas de mesures annoncées pour le moment. La direction attend de connaître la situation exacte, notamment le nombre de matchs qui se joueront en présence des supporters, avant d’avancer les modalités de remboursement. "Le Covid a eu un impact sur nos finances. Nous étions qualifiés pour les PO1 la saison passée mais nous ne les avons pas joués. Les primes ont été payées aux joueurs, sans obtenir les recettes. Cela représente une perte de 3 à 4 millions d’euros. L’élimination en Coupe d’Europe, qui n’est pas liée au Covid, nous a coûté entre 4 et 4,5 millions d’euros. Puis chaque match à huis-clos nous prive d’une recette d’environ 100 à 150 000 euros."

Le Sporting Charleroi ne tremble cependant pas financièrement. "Les bénéfices ont été réinvestis ces dernières saisons dans les fonds propres. Au total, il y a 15,5 millions, alors qu’au moment de la reprise du club, ce montant était négatif de 3,5 millions. Ce sont donc 19 millions d’euros qui ont été réinvestis dans le club, sans verser de dividendes aux actionnaires. Notre assise est donc forte, même si nous ne pourrons pas tenir de la sorte (sans public) pendant des années."

Mehdi Bayat a annoncé le dépôt du permis d’urbanisme pour le nouveau stade au mois de janvier, en espérant le feu vert cinq à six mois plus tard. Pour le nouveau centre d’entraînement, le Covid-19 semble avoir retardé un peu le dossier. "J’espère que la situation se débloquera rapidement."