Ancien des deux clubs, Olivier Suray ne reconnaît plus le Sporting zébré

CHARLEROI Que ce soit dans les chaumières ou bien tous les cafés du commerce du coin, il est beaucoup question des pauvres Zèbres à Charleroi où chacun témoigne de sa désolation.

Les anciens joueurs – ceux qui ont écrit les plus belles pages du Sporting hennuyer – figurent parmi les plus touchés par la situation. Ils s’en confient au fil de la saison.

Nous avons envisagé le match de ce soir avec Olivier Suray qui fit partie de l’équipe carolorégienne trois fois victorieuse de son homologue anderlechtoise (il inscrivit un but d’anthologie en demi-finale de la coupe) en l’espace d’une dizaine de jours en 1993 avant de rejoindre celle-ci.

Son regard est implacable : “Il ne faut pas se voiler la face. Ce Charleroi-là n’a pas le niveau de la D1. Une très grande majorité de joueurs ne sont pas capables de disputer compétitivement un championnat entier, il faut que les joueurs se rendent bien compte de leurs limites. Vous savez, j’ai assisté à tous les matches au Mambourg où j’emmène mon fils. C’est bien simple, je lui montre… tout ce qu’il ne faut pas faire !”

Précisions : “Il se produit constamment de graves erreurs de positionnement. Je relève aussi que les joueurs regardent essentiellement le ballon et pas leurs adversaires qui prennent un malin plaisir à les surprendre. Et je ne vois jamais un débordement de la part des défenseurs latéraux. Ceux-ci se sont pourtant succédé. En fait, les Zèbres me donnent l’impression de jouer au mini-foot…”

Il n’y aurait donc pas d’issue ?

“Tout au début de ma carrière, sous la direction d’André Colasse, nous n’avions qualitativement pas beaucoup de moyens mais nous en étions conscients et nous faisions preuve d’une force de caractère hors du commun. Et il y avait des éléments à fortes personnalités, aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire. Alors, nous étions en mesure de fournir l’effort nécessaire.”

Dans l’état actuel des choses, Olivier Suray (comme tant d’autres, il est vrai) estime que le choc des Sporting est trop disproportionné : “On a toujours prétendu que Charleroi pouvait réaliser de grand-choses dans des circonstances exceptionnelles. Ce temps est révolu. Il sera difficile aux Carolos d’éviter trois ou quatre buts. Je crains même le pire…”



© La Dernière Heure 2010