"Formidable !"

Quand il repense au conte de fées vécu par son équipe la saison dernière, Davy De fauw ne peut s’empêcher de paraphraser Stromae et d’abuser des superlatifs. C’est comme si le rêve n’était pas vraiment terminé…

Qu’en sera-t-il cette saison ? Zulte Waregem va-t-il connaître un douloureux retour sur terre ou au contraire poursuivre son ascension vers les sommets ?

Entre réalisme et ambitions, nous avons longuement parlé de la nouvelle saison avec le capitaine du vice-champion de Belgique.

Un joueur qu’on aurait, comme toute son équipe, tort de ne pas prendre au sérieux…

Davy, comment s’est passée la préparation de Zulte Waregem ?  

"Très bien. On est occupé depuis cinq bonnes semaines et on est prêt, comme l’a montré notre victoire contre Bordeaux samedi. Nous n’avons pas eu de blessés depuis la reprise et ça, c’est primordial. On travaille calmement, comme on l’a toujours fait."  

Beaucoup de gens s’attendaient à ce que votre équipe soit pillée, mais il n’y a finalement eu que deux départs : Delaplace et Malanda.  

"C’est vrai et c’est très positif. Beaucoup de choses ont été écrites dans les journaux, mais moi, j’ai toujours été confiant dans le fait qu’on garderait la même base. Jo (Delaplace) était en fin de contrat, il était tout à fait logique pour lui de saisir cette belle opportunité en signant à Lille. Ce contrat, il l’a bien mérité. Quant à Junior (Malanda) , il est toujours le bienvenu et j’espère vraiment qu’il fera le choix de revenir. Il serait très utile pour le début de notre campagne européenne. Imaginez : un seul départ dans une si belle équipe, ce serait fantastique. Et dans le milieu, Mamoutou N’Diaye, venu de Gand, nous fera du bien."  

En tant que capitaine, avez-vous parlé à Malanda ?  

"Oui, dans les premiers jours après la reprise. Après son départ, on a communiqué par SMS. Mais il n’a pas répondu à mes derniers messages… Croisons les doigts."  

Quand vous repensez à la saison dernière - exceptionnelle pour le club - qu’est-ce qui vous reste, avec le recul ?  

"Pendant la saison, on se disait tous : essayons d’en profiter au maximum. Mais en fait, les matches s’enchaînaient, si vite que nous n’avions pas vraiment conscience de l’exploit qu’on était en train de signer. On n’en a vraiment pris conscience qu’après la reprise, en revoyant les images et en évoquant ces souvenirs. C’était exceptionnel. Il n’y a pas d’autre mot. Finir deuxième, si près du titre… On a battu absolument tous les grands clubs belges. Ce bon feeling qui était le nôtre, on doit le garder en tête pour entamer cette nouvelle saison. On doit prendre trois points contre le Lierse samedi et tenter d’écrire une nouvelle belle histoire."  

Vous reste-t-il encore des regrets de cette fameuse finale du championnat à Anderlecht le 19 mai ?  

"En fait, oui. La déception n’est plus aussi vive, mais elle est toujours là. Nous avons quand même été champions sept minutes… Beaucoup de gens ont affirmé que sur base du jeu, on méritait d’être sacré et je pense que c’est vrai, surtout dans les playoffs. Les gens disaient qu’on allait craquer, mais on n’a jamais craqué. On ne vivra pas la même chose chaque saison."  

C’est vraiment impossible de répéter cet exploit cette saison ?  

"Impossible, non, mais ce sera très, très difficile. Le mieux à faire, c’est de faire nos matches et de ne pas crier haut et fort nos ambitions. On sera déjà très content si on se qualifie à nouveau pour les playoffs 1. Après, on verra…"  

Qui sera favori dans la course au titre cette saison ?  

"Zulte Waregem ! (rires) Plus sérieusement, je ne vais pas être original en citant Genk, le Standard, qui est très ambitieux, Bruges et Anderlecht. Ce sera assez ouvert et tendu, mais entre ces trois-là, mon favori est Anderlecht. Cette équipe a encore un gros mois pour faire des transferts, c’est assez long. Et attention à Gand, qui a tout pour être la bonne surprise de cette saison."  

En tant que capitaine, quel message allez-vous faire passer au groupe avant le premier match ?

"C’est déjà fait : j’ai dit à mes équipiers que nous ne devions surtout pas trop penser à notre tour préliminaire de Ligue des Champions contre le PSV. Samedi, on joue contre le Lierse et on ne peut pas se permettre de se disperser et de perdre des points. C’est le meilleur moyen de battre les Lierrois… puis d’aller chercher un bon résultat à Eindhoven. Le PSV a connu beaucoup de changements et nous avons notre chance."  

Affronter ce club dans un match avec un tel enjeu sportif et financier, ce sera une nouvelle grande première pour Zulte Waregem…  

"Mais on vit ça très bien. Vous savez, après tout ce qu’on a vécu la saison dernière, on a appris à gérer le stress et la pression. Ce match ressemblera beaucoup à celui que nous avions disputé à Anderlecht lors de la dernière journée des playoffs 1. Nous avons tiré les leçons de ces moments-là. Le PSV, comme Anderlecht en mai, aura bien plus de pression que nous…"