La plus prestigieuse des Coupes d’Europe ferait-elle les yeux doux au petit Zulte Waregem ?

Quand, un peu tendus devant l’écran de télévision qui diffusait le tirage au sort, les Waregemois ont appris qu’ils allaient défier le PSV, en guise de première (?) consécration de leur superbe campagne de la saison dernière, ils ont… sauté de joie : "Le hasard n’aurait pas pu nous attribuer un meilleur adversaire !", avait exulté le capitaine Davy De fauw, sans l’once d’une prétention : "Le PSV est très exactement l’adversaire que je souhaitais affronter."

Dix jours plus tard, les joueurs de Francky Dury n’ont pas changé d’avis.

L’affiche est attractive. Elle l’est sur le plan commercial. Le PSV est un club voisin populaire. Il véhicule une image sympathique. Il attirera du monde la semaine prochaine au stade Vanden Stock, où Zulte Waregem disputera le match retour.

L’affiche peut se révéler attrayante, aussi, sur le plan sportif. Le PSV actuel paraît abordable, même pour un néophyte relatif des grands événements comme le reste Zulte Waregem, qui ne peut se prévaloir du riche palmarès de la formation batave. Mais le club d’Eindhoven n’émarge plus, depuis quelques saisons déjà, au gratin européen. Aux Pays-Bas, il doit accepter l’hégémonie d’un Ajax presque retrouvé.

Francky Dury demeure un entraîneur réaliste. Mais il en est intimement convaincu : son équipe n’a aucune raison d’aborder cet affrontement en position d’infériorité : "J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, de décortiquer le jeu de ce PSV en reconstruction. Si nous n’avons pas encore retrouvé le niveau auquel nous avions accédé la saison dernière, le PSV ne l’a pas atteint non plus. Il cherche encore le bon équilibre, dans sa ligne médiane en particulier. Sur ce que nous avons montré au Lierse, ce samedi, je considère que nous n’avons révélé que 60 % de nos potentialités. Si nous parvenons à exprimer le meilleur de nous-mêmes, nous ne sommes certainement pas sans chance."

Ce Zulte Waregem-ci, qui retrouve l’Europe sept ans après s’être enorgueilli, en 2006-2007, d’être l’unique formation belge à avoir passé l’hiver en restant qualifié, n’a rien à envier à son prédécesseur : "Newcastle nous avait, certes, éliminés en seizièmes de finale, mais nous avions atteint ce stade en domptant d’abord le Lokomotiv Moscou, puis en terminant troisième d’une poule qui comprenait aussi l’Ajax Amsterdam, l’Austria Vienne, le Sparta Prague et l’Espanyol Barcelone. Nous n’y avions pas fait tache. Depuis cette époque, le club a grandi. Il a mûri et, surtout, pris conscience de ses potentialités", assure son entraîneur.

Francky Dury énonce un léger bémol : "Jusqu’à présent, nous n’avons pas perdu beaucoup de joueurs, mais les départ de Delaplace et de Malanda ont fait baisser notre valeur intrinsèque. Cela explique le surcroît de pression imposé à la défense."

"Nous ne sommes qu’outsiders ? Tant mieux : on aime cela !" rappelle Davy De fauw.