Emmanuel Dennis est déjà plus avancé que l’était le Soulier d’or à son arrivée.

Souvent hilare pendant l’échauffement, José Izquierdo n’a pas quitté le banc de touche, samedi soir à Lokeren.

Il n’était pas nécessaire qu’il le fît : le Club Bruges s’est parfaitement débrouillé sans son Soulier d’Or. Il a sorti de son carquois une nouvelle flèche que, comme il l’avait déjà fait contre Basaksehir, Lior Refaelov a su décocher au moment opportun.

Auteur de trois buts en deux matches, Emmanuel Dennis n’a pas encore éclipsé le Colombien mais le jeune Nigérian tend, déjà, à rendre moins douloureux, aux yeux de ses nouveaux supporters, le départ imminent, toujours probable, d’Izquierdo.

"Dennis est le même type de joueur que José", se réjouit Lior Refaelov. "Il recèle sensiblement les mêmes qualités de vitesse et de percussion que le Colombien. D’évidentes qualités de dribble, aussi."

Dennis étoffe ces atouts d’une prompte efficacité, celle qu’Izquierdo avait tardé à acquérir à son arrivée. Tant contre Basaksehir qu’à Lokeren, Dennis n’a pas tremblé dans ses face à face avec le gardien adverse là où, dans ses premières tentatives, Izquierdo propulsait ses envois dans les nuages : il a fait mouche avec une précision de tueur froid.

Les supporters du Club ne l’ont pas encore élevé au rang de favori mais ils l’ont, déjà, adopté. Dennis s’en réjouit : "C’est un sentiment fantastique de sentir, alors qu’ils ne me connaissent que depuis peu, que les supporters m’aiment déjà. J’espère leur rendre au centuple la sympathie qu’ils me témoignent. Je suis content d’avoir inscrit deux buts mais je n’ai pas gagné le match à moi tout seul. D’ailleurs, si j’ai inscrit deux buts, c’est parce que mes équipiers m’ont distillé aux bons moments des assists précis."

Dennis est jeune encore. Il apparaît évidemment perfectible. Il n’est pas individualiste mais il doit, notamment, encore apprendre à ne pas vouloir forcer sa chance quand il se retrouve enfermé dans le rectangle. Il s’affinera encore. Est-il plus complet que l’était Izquierdo à 19 ans ? À Lokeren, Dennis a achevé la première période à la place de Palacios. "Ce n’était ni une surprise ni une première pour moi. À Zoria Louansk, en Ukraine, dans mon ancien club, je devais également m’acquitter d’une tâche défensive."

Michel Preud’homme avait dû beaucoup insister pour faire comprendre au Colombien qu’il ne devait pas être qu’un buteur…