Cette saison, le Brugeois s’exprime dans le vestiaire et brille sur la pelouse

“Vadis est l’homme en forme du Club !” Le constat émane des sphères dirigeantes du club ouest-flandrien. Flatteur mais sincère, l’éloge reflète la réalité brugeoise de ce début de saison.

Certains évoquent même une métamorphose pour dépeindre l’emprise que le tout jeune encore – il n’a que vingt-deux ans et demi – médian belgo-ghanéen exerce désormais sur le jeu de son équipe mais aussi dans le vestiaire. Vadis y assume pleinement et délibérément des responsabilités accrues.

Sur la pelouse, l’intronisation de Zimling comme médian défensif épanouit Odjidja dans un rôle de médian offensif qui lui convient mieux. Le Diable Rouge y exprime sa puissance physique mais surtout ses qualités techniques d’infiltreur et de créatif.

Dans le vestiaire, Vadis Odjidja s’institue volontiers grand frère de l’effectif renouvelé. Il prend souvent la parole. Il dialogue fréquemment avec Adrie Koster et s’adresse au groupe quand il en ressent le besoin.

À Zulte Waregem, dimanche soir, il s’est exprimé pendant le repos. “Je me sens beaucoup plus à l’aise que les saisons précédentes. L’effectif recèle beaucoup de qualités, mais il a surtout gagné en homogénéité. Le groupe est soudé comme si les particularités et les caractères de chacun s’étaient lissés, presque uniformisés. Nos renforts sont tous des gars bien. Ils sont simples, empreints d’une mentalité exemplaire et ils s’impliquent vraiment dans le club. Il m’arrive d’aider Vazquez ou Refaelov dans la vie courante. Je le fais avec plaisir car des liens d’amitié se sont déjà spontanément tissés entre nous.”

Sans affecter en rien l’autorité naturelle de Carl Hoefkens, capitaine en titre toujours écouté, Vadis Odjidja s’érige progressivement en patron du nouveau Club Bruges . Sa position axiale, sur la pelouse, l’y prédispose.

Le groupe est serein, ambitieux, confiant en l’avenir. Il baignerait dans la félicité la plus absolue s’il avait résolu l’énigme qu’il se pose à lui-même depuis sa surprenante seconde mi-temps à Saint-Trond.

“Je n’ai toujours pas compris pourquoi nous alternons fréquemment le bon, voire le très bon et le... nettement moins bon”, sourit Vadis Odjidja. “À Zulte Waregem, contrairement aux autres fois, c’est en première mi-temps que nous avons failli. Autre différence, positive, avec Saint-Trond ou Zestafoni : nous n’avons guère ménagé d’occasions à notre adversaire. Je suis même certain que si nous avions atteint le repos sur un score blanc, nous aurions gagné...”

On ne le saura jamais...



© La Dernière Heure 2011