Si les joueurs du Club Bruges avaient la latitude de composer l’élite de la Proleague, ils n’incluraient sûrement pas le KV Courtrai dans la liste de leurs adversaires. La relative exiguïté de l’ère de jeu du stade des Éperons d’or les y dérange moins que l’état de la pelouse qui ne rappelle en rien les billards espérés dans un championnat de l’élite.

Samedi soir, dans un match qui a nécessité quatre interventions délicates de la VAR, le Club Bruges n’a certes pas remporté un prix d’esthétisme mais sa victoire un peu étriquée a balayé les légers doutes qui avaient pu germer après son revers à domicile contre l’Antwerp.

Dans la rencontre au sommet de la journée précédente, les leaders n’avaient pas répondu à l’attente dans le combat d’hommes que leur avaient imposé les joueurs de Franky Vercauteren.

À Courtrai, face à une formation revitalisée après son non-match à Eupen, les Brugeois avaient retenu la leçon. Ils ont su se faire violence d’entrée de jeu. Ils avaient troqué leurs smokings habituels contre des bleus de chauffe.

"Dans ce match, la dominante physique fut permanente. Ce n’est pas notre style de jeu préféré. Ce n’est pas en bataillant de la sorte que nous voulons instaurer notre suprématie. Mais, samedi soir, compte tenu des circonstances, il n’y avait pas d’autre manière de procéder. C’est la raison pour laquelle je peux savourer ce succès", explique Philippe Clement.

Perfectionniste comme toujours, l’entraîneur du Club Bruges s’attendait à un tel débat. Ses joueurs l’avaient préparé en s’entraînant dans des conditions de jeu similaires à celles qu’ils allaient rencontrer à Courtrai.

Outre la victoire, c’est le point positif qu’a retenu Philippe Clement : "Je ne suis pas un adepte de ce genre de football mais j’ai félicité mes joueurs pour l’état d’esprit qu’ils ont affiché d’emblée."

Ce ne fut pas toujours le cas cette saison. Parfois - rarement toutefois -, l’entraîneur avait dû pousser une gueulante à la mi-temps pour réveiller ses troupes, pour stimuler une mentalité un instant défaillante. Sa diatribe fut même parfois excessive, comme contre Malines en octobre. Cette fois, au repos, Clement n’a pas élevé la voix : la mentalité affichée par ses joueurs ne méritait aucun blâme.

Dimanche, le Club se déplace à Anderlecht. Philippe Clement s’en réjouit : "Comme nous, le Sporting veut jouer au football. Il peut le faire sur une bien meilleure pelouse que Courtrai. Je ne préjuge pas du résultat mais, sur le plan qualitatif, je suis convaincu qu’on retrouvera le Bruges habituel, celui qui développe un football en combinaisons."

Un football très souvent rémunérateur…